La pénurie de carburant menace

amandine rancoule

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La CGT des ports et docks appelle les travailleurs portuaires à la grève ce week-end.
La CGT des ports et docks appelle les travailleurs portuaires à la grève ce week-end. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

La première action « coup-de-poing » d'une longue série. Hier matin, l'accès au dépôt pétrolier de Fos, le plus important de la région, a été empêché quelques heures par une cinquantaine de salariés des raffineries Ineos, LyondellBasel, des sites pétrochimiques de Berre et Lavera et d'agents du port. Ces derniers bloquent depuis onze jours les terminaux pétroliers de Fos-Lavera. A l'appel de la CGT, ils protestent contre la réforme portuaire, qui prévoit leur transfert vers une filiale privée, et la réforme des retraites.

« Bras de fer »
« Nous sommes prêts à engager un bras de fer avec en point de mire, une pénurie de carburant dans les prochains jours », prévient Pascal Galéoté, leader de la CGT du port. Le sud-est pourrait ainsi être touché par le manque de pétrole, qui a déjà atteint la Corse. Mais pour le syndicat, cette mesure n'a rien d'impopulaire. « Si pénurie il y a, elle sera la conséquence de l'autisme du gouvernement », estime Jean-Marie Michelucci, délégué syndical CGT d'Arkema et responsable de l'union régionale de la fédération Chimie.
Les salariés des quatre raffineries situées autour de Berre, qui assurent un tiers du raffinage français, devraient entrer en grève mardi, journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites. Les syndicats ont déjà annoncé qu'ils bloqueraient les expéditions partant des dépôts pétroliers. Toutefois, chez Total, « l'activité pourrait cesser dès dimanche, selon Denis Michel, délégué CGT, à cause du manque de matières premières », dû au blocage des terminaux par les agents portuaires. Selon la direction du GPMM, le travail a repris sur les terminaux marchandises des bassins est après l'arrêt de travail mercredi. Hier, cinquante et un navires étaient toujours bloqués en rade.