Les cinés art et essai projettent « la grève »

Frédéric Legrand

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Les grévistes ont organisé hier soir des rencontres avec le public devant les cinémas.
Les grévistes ont organisé hier soir des rencontres avec le public devant les cinémas. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

rève au cinéma, première. Les employés des cinémas César et Variétés se sont mis en grève hier durant deux heures pour protester contre leurs conditions de travail. Une première dans l'histoire des deux salles. «Nos salaires nous sont régulièrement payés en retard, et plusieurs postes ont été supprimés à l'accueil, la caissière se retrouve seule, à devoir tout gérer, dénonce Linda Mekboul, co-directrice et responsable de la programmation. Plusieurs départs n'ont pas été remplacés, on se retrouve à faire du 60 heures par semaine.»

«Passage à la rigueur»
Gérant des deux cinémas, Galeshka Moravioff reconnaît « un problème d'organisation » sur la paie. Mais il met en avant « un passage à la rigueur, qui est compliqué ». « Les taxes foncières ont augmenté de 60 %, la fréquentation est en baisse et les banques sont devenues beaucoup plus dures sur les lignes de crédit », assure le gérant. En moyenne, le César et le Variétés rassemblent à eux deux quelque 350 000 spectateurs chaque année. L'an dernier, cette fréquentation aurait baissé de 15 000 à 19 000 spectateurs selon les sources.
Pour la mairie, propriétaire des deux bâtiments, les difficultés « viennent de la gestion monsieur Moravioff ». « Il ne paie pas ses fournisseurs, les distributeurs de films ni ses salariés. Il faut que le César et le Variétés restent en place, mais avec un meilleur gestionnaire », tranche Eliane Zayan, adjointe déléguée au cinéma. Une réunion devrait avoir lieu demain à Marseille entre le gérant et le délégué du personnel. Galeshka Moravioff assure « ne pas avoir de crainte » au sujet de la pérennité des deux salles.