reprise du conflit dans les bassins du port

Frédéric legrand

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Les pétroliers attendaient hier dans la rade de Fos.
Les pétroliers attendaient hier dans la rade de Fos. — P. Magnien / 20 Minutes

Bras de fer sur la réforme portuaire, saison trois. Plus de 30 navires transportant pétrole, gaz et produits chimiques étaient bloqués hier en rade de Fos suite à une grève des agents CGT du grand port maritime (GPM) de Marseille. Les grévistes ont cessé le travail depuis lundi pour protester contre les conditions d'application de la réforme portuaire, votée à l'été 2008. Le mouvement concerne tous les terminaux mais affecte principalement le secteur hydrocarbure, qui représente entre 50 % à 70 % du trafic total du port.

Garanties sur l'emploi
Alors que la réforme prévoit de transférer au privé les agents publics de manutention, la CGT veut tirer la sonnette d'alarme sur la pérennité des entreprises. « Les experts que nous avons mandatés annoncent une baisse du trafic pétrolier de 25 %, de par les fermetures de raffinerie qui se profilent », souligne Pascal Galeoté, secrétaire général de la CGT du GPM. Dans le cadre de la réforme, les agents du port bénéficient d'un droit au retour au sein du public en cas de défaillance du privé. « Mais il y a un risque de plan social une fois revenu au sein du port », estime la CGT, qui réclame des garanties sur l'emploi.
Selon le calendrier fixé par la loi, les transferts de personnel vers le privé doivent être finalisés au plus tard en avril 2011. Mais pour l'Union maritime et fluviale (UMF), la réforme est « en panne » dans le port de Marseille. « Le syndicat patronal assure que « de nombreux chargeurs ont pris leurs dispositions pour supprimer durablement Marseille » de leurs itinéraires, suites aux multiples grèves des trois dernières années. Sur les terminaux marchandises, les grèves du zèle et grèves perlées auraient entraîné « de nombreuses annulations d'escales, dont plus de la moitié en août sur les terminaux conteneurs de Fos », dénonce l'UMF. La CGT réplique en accusant les transporteurs et l'État de ne pas tenir les engagements de hausse de trafic et d'investissements annoncés dans le cadre de la réforme. Après trois jours de grève, le travail devait reprendre aujourd'hui. Les agents devraient cependant à nouveau débrayer demain pour trois jours, contre le projet de réforme des retraites. Dès la semaine prochaine, les arrêts de travail de 48 h devraient également reprendre, à nouveau contre la réforme portuaire.

Emplois

Selon l'Union maritime et fluviale, le trafic maritime représente plus de 41 000 emplois, soit 8 % de l'emploi du département, et près de 2 800 entreprises. Le port emploie directement 1 500 agents, sous statut privé.