union sacrée contre le moustique tigre

Frédéric legrand

— 

Les opérations de démoustication sont menées de nuit, par nébulisation.
Les opérations de démoustication sont menées de nuit, par nébulisation. — V. HACHE / AFP

Eradiquer le moustique tigre, c'est quasiment impossible. Réduire au minimum le risque de le voir transmettre les virus de la dengue ou du chikungunya, c'est tout à fait faisable, si la population y met du sien. Hier, les autorités sanitaires et la préfecture de Paca ont appelé à la mobilisation citoyenne. Deux cas de dengue à Nice et deux de chikungunya à Fréjus ont été diagnostiqué « autochtone », causés par une piqûre de moustique tigre. « Nous avons bon espoir d'avoir un risque limité de diffusion de ces virus, assure Jean-jacques Coiplet, directeur de la santé publique à l'Agence régionale de la santé. Mais la prévention individuelle est cruciale. »

Présent jusqu'à Arles
Arrivé d'Italie en 2004, le moustique tigre a colonisé toutes les villes du littoral, atteignant cette année Marseille et plus récemment Aix et Arles. Pas de danger cependant de le voir s'installer dans les marais de Camargue : « C'est un moustique urbain, qui ne se reproduit que dans de petites quantités d'eau douce », détaille Christophe Lagneau, directeur de recherche et développement à l'Entente interdépartementale de démoustication (EID). Pour réduire la prolifréation du moustique tigre, la préfecture recommande de vider les objets contenant de l'eau stagnante en extérieur : coupelles de plantes, jouets, pneux, gouttières… Un traitement à base de bactéries est également disponible pour les pièces d'eau. Selon l'évolution des températures et de la luminosité, la saison des moustiques pourrait s'étendre jusque courant novembre. « Il faut rester mobilisés durant toute cette période », martèle Jean-Jacques Coiplet. Parallèlement aux actions de prévention, l'EID mène des opérations de démoustication de nuit autour des habitations des cas présumés de dengue ou de chikungunya. Depuis le mois de mai, une quarantaine d'actions de ce genre ont été menées en Paca, dont deux dans les Bouches-du-Rhône.

santé

La dengue, plus présente en Paca que le chikungunya, est le plus souvent bénigne. Elle entraîne une forte fièvre très invalidante accompagnées de douleurs aux muscles et aux articulations. Dans 1 % des cas, elle peut entraîner des hemorragies. L'insecticide utilisé pour la démousticationest sans conséquence sur la comestibilité des fruits et sur la pollinisation des végétaux, assure l'EID, qui dit utiliser des concentrations sept fois plus faibles qu'en agriculture.