le port de marseille se lance dans le halal

laurent berneron

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Dans une boucherie halal du quartier Noailles.
Dans une boucherie halal du quartier Noailles. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Mettre la main sur un marché de 150 milliards de dollars dans le monde, qui progresse de 15 % par an… Les directeurs des ports de Marseille Fos et celui de Port Klang, en Malaisie, ont signé hier un accord en vue de lancer un réseau mondial de distributeurs de produits halal.

Lignes régulières
Imaginée par les Malaisiens, l'idée est de centraliser à Port Klang les productions halal asiatiques pour les envoyer vers Marseille, qui redispatchera ensuite vers l'Europe et en Afrique. En France, le marché des produits halal représente 5 milliards d'euros et le port de Marseille ambitionne de servir « 220 millions de consommateurs » de part et d'autre de la Méditerranée. Les marchandises viendront de Malaisie, de Chine, mais aussi d'Australie et du Brésil, grand producteur de viande halal. « Il existe des lignes régulières entre ces pays et Marseille, avance Dirk Becquart, directeur du développement du port phocéen. Les lignes sur le Maghreb sont quotidiennes et il faut douze heures en camion pour desservir l'Europe du nord ». Autre atout avancé par le port de Marseille, celui du caractère cosmopolite de la ville. « Il n'y a pas d'autres places en Europe où la cohabitation et l'ouverture entre les populations sont plus développées qu'ici », estime Dirk Becquart. Et « le projet d'une grande mosquée à Marseille serait bien pour être accepté dans le système. Le petit boucher halal du coin de la rue a de la concurrence », prévient Dirk Becquart. Mais mener le projet à terme ne sera pas si simple. D'abord, parce que contrairement à son homologue malaisien, le port de Marseille ne dispose pas d'infrastructures de stockage spéciales pour les produits halal, en premier lieu des frigos. Et le port n'envisage pas de réaliser les investissements nécessaires, laissant le soin aux logisticiens de le faire. « Si on veut attirer des flux, il faudrait au minimum un entrepôt frigorifique de 10 000 à 15 000 palettes », note Jean-Paul Mesnières, de la société Seafrigo, l'un des deux logisticiens positionnés sur le projet, avec SDV (groupe Bolloré). Or un tel équipement coûte plusieurs dizaines de millions d'euros. Le trafic halal à Marseille pourrait cependant débuter avec des produits plus simples, comme des parfums sans alcool. Aucun volume d'import-export n'est encore annoncé, mais le port estime que la plate-forme halal sera viable « courant 2 011 ».

certification

Marseille accueillera en 2011 le World Halal Forum. Ce symposium réunissant tous les acteurs internationaux du marché halal, se penchera sur la certification des produits et les contrôles à opérer pour garantir au consommateur le label halal.