Ces élites qui ont toujours voulu éradiquer la pauvreté à Marseille

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« Au cours des siècles, les élites ont toujours eu la même obsession : changer radicalement Marseille, jugée sale et dangereuse

» Un constat à l'origine de Psychogéographie (Ed

Le Point du Jour)*, travail plastique et politique réalisé par le photographe marseillais Antoine d'Agata et l'écrivain Bruno Le Dantec

Au départ, une commande d'Euroméditerranée à quatre artistes, pour témoigner « sans nostalgie » des changements opérés dans la zone

D'Agata photographie terrains vagues et bâtiments murés qui hantent le secteur

Puis, il collecte avec Bruno Le Dantec des phrases prononcées du XVIIe siècle à aujourd'hui par des acteurs politiques et économiques de la ville, mais aussi des anonymes

Certaines font froid dans le dos : « On a besoin de gens qui créent de la richesse

Il faut nous débarrasser de la moitié des habitants de la ville

Le coeur de la ville mérite autre chose », (Claude Valette UMP, adjoint au maire à l'urbanisme, Le Figaro, 18 novembre 2003)

« Le patrimoine de Marseille, c'est sa population

A chaque époque, on a cherché à la remplacer par des citoyens plus présentables et plus solvables

Le dernier arrivé a toujours servi de bouc émissaire : l'Italien, l'Espagnol, l'Arménien ou l'Algérien », explique Bruno Le Dantec

Les habitants du quartier prennent place par photomontage dans les images de d'Agata, présence fantomatique sans influence sur la transformation en marche

S'y ajouteront un panoramique à 360º, des portraits des futurs employés et les fameuses citations

Jugé trop dérangeant par ses commanditaires, le travail ne sera présenté que partiellement, en 2004 à Arles, avant d'être finalement publié par un éditeur indépendant

Sarah Marengo *Présentation demain à 19 h à la librairie l'Odeur du temps, 35, rue Pavillon (1er)