Montevideo sous la menace d'une fermeture

laurent berneron

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Répétition dans la salle de spectacles, au premier étage de Montevideo.
Répétition dans la salle de spectacles, au premier étage de Montevideo. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Dans une impasse. Jean-Marc Montera et Hubert Colas, les deux compères qui animent le lieu de création et de diffusion Montevideo, près de la rue Breteuil (6e), craignent de devoir mettre la clé sous la porte.

Echéance au 13 octobre
« C'est simple, il nous manque 300 000 € », résume Hubert Colas. Dix ans après sa reconversion culturelle, l'ancienne fabrique de peintures est face à des échéances de mise en sécurité (incendie, accessibilité), auxquelles les deux structures fondatrices, le Grimm (Montera) et Diphtong (Colas), ne peuvent répondre. « A l'origine, on a essayé de créer un espace qui ne soit pas un gouffre financier », explique Hubert Colas. De fait, le lieu a joué la carte d'une jauge intermédiaire : 200 places. « Les partenaires financiers s'étaient engagés à participer chaque année à notre effort de renovation du lieu. » Mais selon le duo Colas-Montera, l'Etat a fait faux bond. « La Direction régionale des Affaires culturelles nous dit qu'il n'y a plus d'argent pour les investissements », dixit Montera. Une tuile pour l'équipe de Montevideo, qui a déposé plusieurs projets dans le cadre de 2013, année de la capitale européenne de la culture, pensant pouvoir profiter de son lieu. Si aucun chantier de mise aux normes n'est engagé avant le 13 octobre, Montevideo ne pourra plus accueillir de public. Hormis Actoral, toute la programmation jusqu'à la fin de l'année est d'ores et déjà annulée. Quant au festival Nuits d'hiver (16 au 21 décembre), il est en suspens. « La question de la place de l'art contemporain est posée », observe Hubert Colas, qui regrette le différentiel d'aides publiques entre création contemporaine et patrimoine muséal.