En rodage, l'incinérateur attire les nez

Frédéric Legrand

— 

L'incinérateur est en phase de « montée en charge » depuis décembre 2009.
L'incinérateur est en phase de « montée en charge » depuis décembre 2009. — P. VALASSERIS / AFP

Des bâtiments plus étanches et des portes qui se ferment plus rapidement. Depuis le début du mois de septembre, la société Evere a lancé un plan d'action pour réduire les mauvaises odeurs s'échappant par intermittence du site de l'incinérateur de déchets de Marseille, actuellement en rodage à Fos-sur-Mer.

Filtres à air
L'association Airfobep, qui organise notamment un suivi des odeurs sur toute la zone industrielle et portuaire autour de l'étang de Berre, a été saisie deux fois cet été, dont une début septembre, par des militants associatifs et des employés travaillant sur le port autonome. « Ils ont relevé une odeur de poubelle ou de pourri. En analysant la situation météo, l'émission venait d'une zone où est implanté l'incinérateur », précise le directeur d'Airfobep Jean-François Mauro. Contactée par Airfobep et par les services de l'État, Evere, qui construit et exploite l'incinérateur pour la communauté urbaine de Marseille, assure « qu'il n'y a pas eu de dysfonctionnement ».
« Tous les bâtiments sont fermés et placés en dépression, explique le porte-parole de l'entreprise. L'air est récupéré et traité. Le problème ne vient pas des filtres, mais du manque d'étanchéité des bâtiments. » Un problème « classique » en phase de démarrage, selon Evere. « Cela fait déjà presque un an que les fours fonctionnent, je ne vois pas comment on peut faire pour rendre l'installation totalement étanche », critique Daniel Moutet, président de l'association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos. Dans sa réponse à Airfobep, le constructeur assure au contraire que les travaux d'étanchéité permettront « de réduire toute fuite d'odeurs à l'extérieur des bâtiments ». Après une montée en puissance d'une année, le démarrage officiel de l'incinérateur devrait avoir lieu comme prévu à la fin du mois de novembre. L'installation aurait alors la capacité de brûler jusqu'à 300 000 tonnes annuelles de déchets.

Facture

Le coût des travaux d'étanchéité supplémentaire sur l'incinérateur sera payé par Evere, assure l'entreprise. Passé de 280 à 460 millions d'euros - sans compter la rallonge de 60 millions liée à l'extension de la méthanisation -, le coût total de l'incinérateur fait toujours l'objet d'un bras de fer entre le constructeur-exploitant et Marseille Provence Métropole. La communauté urbaine conteste plus de 100 millions d'euros de travaux. Le litige devrait faire l'objet d'un arbitrage en justice.