dénis de vérité et froideur dans le prétoire

laurent berneron

— 

Jean-Pierre Planqueel, lors de son arrivée hier à la cour d'assises.
Jean-Pierre Planqueel, lors de son arrivée hier à la cour d'assises. — P. POCHARD / SIPA

Au quatrième jour du procès du meurtre du jeune William Modolo, torturé à mort en mai 2006 près de Saint-Cannat, les cinq meurtriers présumés ont tenté hier de brouiller les cartes devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Le 22 mai 2006, la police municipale de Saint-Cannat avait retrouvé le corps de William, dont l'autopsie avait relevé plusieurs viols, douze dents arrachées, des blessures avec notamment un tournevis, la peau brûlée et une lapidation.

Demande d'affection
Présent dans le box, Jean-Pierre Planqueel, 31 ans, décrit par l'instruction comme le leader de la bande, est accusé d'assassinat. À ses côtés, Franck Julien, 39 ans, Arnaud Frapech, 30 ans, Barbara Jean-Louis, 28 ans et Aurélie Piteux, 24 ans, sont accusés de complicité d'assassinat. Tous vivotaient sur un terrain près d'Aix, où ils consommaient de la drogue et buvaient beaucoup. Wiliam, complexé par sa corpulence, en demande d'affection selon ses proches, avait rejoint le groupe, était tombé amoureux d'Aurélie Piteux, avant de devenir leur souffre-douleur. Tour-à-tour, à l'audience, les accusés livrent des versions différentes des événements, revenant sur leurs déclarations et se chargeant respectivement des faits. Pour Aurélie Piteux, qui entretenait à l'époque une relation avec Jean-Pierre Planqueel, c'est « Franck et non Jean-Pierre qui a arraché les dents ». Selon Barbara Jean-Louis, qui fut une ex de Jean-Pierre Planqueel avant de sortir avec Franck Julien, « c'est Jean-Pierre qui m'a dit qu'il avait arraché les dents ». Évasive dans ses réponses comme Aurélie, elle tente de minimiser son rôle en rappelant que c'est elle qui avait prévenu les gendarmes. Jean-Pierre Planqueel se montre lui plus explicite sur le calvaire de William. Le jeune homme a commencé « à être frappé bien avant » le 22 mai, date de sa mort. Pour un « groupe électrogène cassé » ou le vol d'un « soutien-gorge d'Aurélie ». « Franck l'a sodomisé avec des bouteilles de bière, la veille ou l'avant-veille » du drame ; « J'étais complice, coupable, comme vous voulez. » Le jour du drame, il reconnaît avoir tenté d'arracher des dents mais sans réussir, d'avoir transporté le corps avec toute la bande dans un petit chemin, et d'avoir achevé William avec des pierres puis des coups de couteaux. « Je sais que j'ai gâché plusieurs vies, la mienne d'abord », lâche-t-il.

nouveau procès

Un sixième accusé n'a pu comparaître. Lucien Boursier, 57 ans, a été opéré d'un cancer du larynx et ne peut s'exprimer. Il sera jugé ultérieurement, a précisé la cour. Le procès des cinq autres accusés est prévu jusqu'à vendredi prochain.