les bouts de chou reprennent le turbin

Texte : Frédéric LegrandPhotos : Patrice Magnien

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Première matinée de classe à l'école primaire Fraissinet (5e). Située entre la Timone et la Conception, l'école compte cinq classes ainsi que des dispositifs spécifiques pour intégrer les élèves handicapés ou primo-arrivants.
Première matinée de classe à l'école primaire Fraissinet (5e). Située entre la Timone et la Conception, l'école compte cinq classes ainsi que des dispositifs spécifiques pour intégrer les élèves handicapés ou primo-arrivants. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Tout sourire, Djibril et Dino prennent la pose pour leurs mamans, devant l'entrée de l'école. Pour leur deuxième année de maternelle, les deux bouts de chou, gilet Hugo Boss et pull Spiderman, ne stressent pas un brin : « On est dans la même classe ! », rigole Djibril. Hier, les 225 élèves de l'école Fraissinet (5e) ont fait leur rentrée, en même temps que 70 000 autres petits Marseillais.

Dérogations
Selon le recteur, Fraissinet est « très représentative de la diversité des enfants que nous accueillons ». Entre Timone et Conception, black-blanc-beur, l'école profite aussi de sa proximité avec le collège, installé juste derrière et réhabilité de fond en comble début 2009. « Il y a des parents qui demandent des dérogations pour pouvoir être ici, souligne Hugues Vochelle, patientant avec son jeune Matisse pour l'amener jusqu'à sa nouvelle salle de classe de primaire. Le collège commence à avoir bonne réputation et les enfants peuvent garder leurs copains de la maternelle jusqu'à la troisième ».
Dans les couloirs où parents et enfants font la file, tout le monde ou presque se salue, prend des nouvelles, propose un coup de main. « C'est vrai que c'est très pratique d'avoir maternelle, primaire et collège dans le même secteur, reconnaît Rahima Guendil, maman du petit Jibril. Surtout quand on a des enfants dans plusieurs niveaux. Et puis tout le monde se connaît. » Récupérant peu à peu leurs élèves, les profs les emmènent dans les salles de classe. Apercevant dans la cour le maire Jean-Claude Gaudin, venu offrir des dictionnaires aux CP, un petit garçon demande s'il s'agit « du président de la République ».

Primo-arrivants
Au milieu du hall d'entrée, Myriam se prépare à accueillir ses élèves, des primo-arrivants qui maîtrisent mal le français. « On commence par travailler l'oral, puis ensuite on passe à l'écrit, détaille-t-elle. La difficulté c'est que parfois les enfants n'ont jamais été scolarisés. J'ai eu une petite Roumaine comme ça l'an dernier. » Selon la mairie, le nombre de primo-arrivants serait en baisse, passant de 600 en 2007 à 400 en 2008. Globalement, tous niveaux confondus, les effectifs devraient rester stables cette année dans les Bouches-du-Rhône et dans le reste de l'académie (et non en baisse comme nous l'indiquions dans notre édition de mardi). « Cela peut encore un peu varier dans les jours qui viennent avec les inscriptions de dernière minute, tempère Danièle Casanova, adjointe (UMP) au maire pour les écoles. Nous avons déjà 200 enfants inscrits durant l'été. » Passés les ajustements des premières semaines, les écoles marseillaises devraient voir cette année s'élargir les aides pour la garderie après les cours.
A partir de cette année, les enfants qui bénéficient du demi-tarif ou de la gratuité à la cantine auront le même avantage pour le paiement de la garderie. « C'est une avancée, mais cela ne règle pas le problème des couples avec un des deux parents au chômage, qui ne bénéficient pas des réductions, estime Morgane Turc, adjointe (PS) au maire des 1er et 7e arrondissements. Et les garderies continuent de s'arrêter à 17 h 30, quand les deux parents travaillent ce n'est pas très pratique. » Le dossier pourrait faire sa rentrée politique lors du prochain conseil municipal. W