un policier écroué

hanifa charif et frédéric legrand

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Troisième nuit au bâtiment « D » des Baumettes pour un enquêteur de la PJ de Marseille. L'homme a été écroué vendredi pour « violation du secret de l'instruction », après un vaste coup de filet réalisé début juin sur la côte, dans le milieu du grand banditisme, a-t-on appris samedi. L'opération avait permis une vingtaine d'arrestations en un week-end, principalement sur la Côte-d'Azur, le Var et les Bouches-du-Rhône.
Une quinzaine de personnes ont depuis été mises en examen, parmi lesquelles Alexandre Rodriguez, Pdg d'une compagnie de construction de yachts, Bernard Barresi, en cavale depuis 18 ans après un braquage de fourgon, les frères Campanella, présentés comme des figures de la nuit et un agent de la Société des eaux de Marseille, soupçonné d'être un homme de paille du réseau. Interpellé mercredi avec son épouse, commerçante, le policier corse impliqué avait été placé sur écoute depuis des mois par le juge Christophe Perriaux.

Base militaire
La PJ a cependant réussi à cloisonner l'opération. « Il y a eu une volonté de travailler avec une très grande discrétion et ça a été fait. Beaucoup de collègues ont appris les arrestations en lisant la presse », expliquait Christian Lothion, directeur central de la PJ, au lendemain du coup de filet. D'après une source proche de l'enquête, 150 policiers descendus de Paris pour préparer les interpellations avaient été installés sur la base aérienne de Salon, pour éviter toute fuite au sein de la police marseillaise. Selon l'un de ses avocats, le suspect, major de la brigade financière, porterait pourtant un chapeau trop large pour lui. « Il aimait frimer comme quand il a aidé Ribéry à se cacher de la presse lors de son audition à l'Évêché, en janvier. Mais de là à voir en lui l'espion de gros truands, il y a loin ».