vigilance citoyenne sur la méduse phocéenne

Laurent berneron

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La méduse Pelagia, une des nombreuses espèces présentes en Méditerranée.
La méduse Pelagia, une des nombreuses espèces présentes en Méditerranée. — SPLASHDOWN / REX / SIPA

La rade de Marseille vit-elle une invasion de méduses ? C'est pour tenter de répondre à cette question que la biologiste marine Delphine Botha, du laboratoire d'océanologie de Luminy (9e), fait appel cet été aux Marseillais, baigneurs, plaisanciers ou pêcheurs.

Apparitions et disparitions
Le programme « Jellywatch », ou « observons les méduses » (voir encadré), qu'elle vient de lancer, vise à récenser les méduses dans la rade, de manière à cartographier la présence du gélatineux marin et prévenir son éventuel pullulement : un « bloom », en langage scientifique international. « On manque de données sur l'animal », reconnaît

Delphine Botha, notamment sur les raisons de ses apparitions et disparitions. La méduse n'est pourtant pas une nouveauté sur le littoral marseillais. Apparue sur terre il y a 500 millions d'années, elle figure dans les dessins rupestres de la grotte Cosquer, vestige du paléolithique, dans les profondeurs de Morgiou. cotylorhiza, en forme d'œuf au plat,

aurelia ou pelagia… les variétés présentes à Marseille sont nombreuses. Et parfois dangereuses pour le milieu marin. « Les méduses adorent manger, et de tout », explique la biologiste. Des juvéniles de moule comme à l'étang de Berre, des œufs de thon rouge, pourtant espèce menacée en Méditerranée… jusqu'à pratiquer la cannibalisme. Elles sont en outre résistantes. « Elles demandent moins d'oxygène, sont tolérantes à la chaleur, à la pollution, note Delphine Botha. Elles profitent des écosystèmes en mauvais état pour prendre la place d'autres espèces. Ce sont en quelque sorte des sentinelles de la biodiversité. » Pour l'homme, la piqûre désagréable est le fait, le plus souvent, de la pelagia. A son contact, cette espèce envoie dans la peau « des milliers de microharpons qui injectent une toxine », responsable de l'irritation. Une fois harponné par le gélatineux, le baigneur n'a pas le choix. « Le vinaigre ou se faire pipi dessus ne sert à rien, prévient Delphine Botha. Il faut attendre que ca passe, sans frotter, ni mettre de l'eau. »

participer

Toute observation est à bonne prendre. Baigneurs, plongeurs, pêcheurs, navigateurs... sont invités à signaler la présencede méduses à Delphine Botha.Il faut penser à localiser l'endroit, quantifier le nombre de méduses, leur densité au mètre-carré puis envoyer un mail à jellywatch@com.univmed.fr.Sur la page web de la biologiste (www.com.univ-mrs.fr/~botha/Programme%20JELLYWATCH.htm), une affiche permet de reconnaître les différentes espèces présentes dans la zone.