le plan contre l'habitat indigne patine

laurent berneron

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Une opération chronophage. Huit ans après les premières réflexions de la ville sur la résorption de l'habitat indigne et trois ans après le lancement d'un plan concernant 150 immeubles délabrés, seuls quatre logements sont aujourd'hui en passe d'être réhabilités.

Relogements
« C'est très long, plein de procédures juridiques et de problématiques de relogement », reconnaît-on chez l'un des deux opérateurs (Urbanis et Marseille Habitat) chargés par la ville de conduire le plan d'éradication de l'habitat indigne (EHI). Sur le papier, treize immeubles devraient être réhabilités dans les deux prochaines années. Avec une priorité, celle de « reloger tous les occupants des immeubles », indique Arlette Fructus, adjointe au maire (UMP) chargée du logement, qui faisait le point hier sur le dispositif. « Nous les orientons vers un parc de 130 logements-relais, et jusqu'à aujourd'hui, nous n'avons pas eu de retour négatif sur les relogements que l'on a fait », note-t-elle. Au terme des opérations de réhabilitation, qui concernent des immeubles dans des quartiers paupérisés (1er, 3e, 15e, 16e), les logements peuvent être transformés en logement social, en logement à loyer libre ou simplement vendus au titre de « l'accession sociale à la propriété ». « Si on arrive à rendre propriétaires les anciens locataires, je demande à voir », s'interroge Nouredine Abouakil, de l'association Un centre-ville pour tous. L'accession sociale à la propriété cible des ménages à revenu moyen : 24 600 € de revenu net imposable pour une personne seule, pratiquement le double pour une famille de quatre personnes. « On essaie au maximum que les anciens locataires ne demandent pas à revenir », reconnaît d'ailleurs Christian Gip, de Marseille Habitat. On est forcément devant des ratios financiers, et parfois il faut qu'on se refinance. Chaque affaire est étudiée financièrement au cas par cas », note le professionnel. Du côté d'Urbanis, on assure que « 25 % du parc traité sera du logement locatif social », indique son pdg Jean-Marc Matali.

tacle à la région

En marge de son point sur l'habitat indigne, Arlette Fructus, également conseillère régionale (UMP) a critiqué la création, par la majorité du conseil régional, « d'une commission d'attribution de logements sociaux réservée aux agents de la collectivité ». « C'est l'illégalité absolue, je trouve cela proprement scandaleux. Les autres familles lésées vont venir au conseil régional avec une kalachnikov ! », s'est insurgée Arlette Fructus.