Les victimes du crash de la yemenia attendent toujours

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Inquiétudes et désarroi dans la communauté comorienne de Marseille. Un an après le crash du vol de la Yemenia, qui avait fait 152 victimes et une seule rescapée le 30 juin 2009, les familles attendent toujours de comprendre les circonstances du drame. Alors que les avions de la compagnie yéménite ont redécollé vers Moroni depuis février dernier, Saïd Ahamada, porte-parole de l'association SOS voyages aux Comores, estime que « les vols ont repris dans les mêmes conditions qu'avant ». Les investigations du bureau enquête et analyses (BEA) n'ont toujours pas été publiées. « La Yemenia souhaite une contre-enquête et les autorités comoriennes empêchent la publication du rapport du BEA, parce que la compagnie participe fortement au désenclavement du pays », analyse le représentant des victimes. Début juin, l'association a déposé une demande d'enquête parlementaire et espère que les députés feront avancer le dossier sur la sécurité à la Yemenia. « L'Assemblée nationale doit protéger les Français de son territoire », martèle Saïd Ahamada. Marie M'ze, dont la mère et le petit frère sont décédés dans l'accident, pointe une différence de traitement avec le crash du vol Rio-Paris. « Quand on pose des questions, on nous renvoie vers les Comores, mais moi, je suis française et les réponses je les veux ici, réclame-t-elle. Un crash, ça n'a pas de couleur, la souffrance est la même. » Début mai, le tribunal d'Aix-en-Provence a accordé aux familles 3,4 millions d'euros d'indemnités provisionnelles, dont le versement a commencé. » « Au-delà de l'aspect financier, cette décision a montré que les familles ont été considérées par la justice », se réjouit Saïd Ahamada. L'été enregistre un fort taux de retour au pays pour la communauté comorienne, la plupart voyageant avec la Yemenia, compagnie la moins chère.L. B.