une filière pour faire feu de tout bois

Stéphanie Harounyan

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Les communes veulent développer le chauffage au bois de débroussaillement.
Les communes veulent développer le chauffage au bois de débroussaillement. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Valoriser la forêt tout en se préservant des incendies. Alors que le risque de feu va bientôt mobiliser toute une chaîne d'acteurs locaux, les élus du département travaillent aujourd'hui pour trouver des solutions en amont permettant de limiter les dégâts. Si les campagnes pour inciter au débroussaillement ont porté leurs fruits, c'est aujourd'hui la valorisation du bois collecté qui attire leur attention. Le sujet a d'ailleurs animé tout récemment la dernière assemblée générale de l'Association des communes forestières des Bouches-du-Rhône.

Une filière embryonnaire
« Le débroussaillement peut représenter un coût lourd pour les communes. A Aureille, dans les Alpilles, cela représente 100 000 € par an, note Jean-Claude Aymard, président de l'association qui compte près de 70 municipalités. En récupérant ce bois, on peut diminuer le coût. » Pour l'instant, le bois est essentiellement valorisé dans l'usine de pâte à papier Tembec, à Tarascon. Ce qui n'est pas exploitable est broyé sur place. L'objectif est de miser sur la filière bois-énergie, en développant le chauffage au bois. « Les communes payent pour le débroussaillement et pour chauffer leurs locaux l'hiver. L'idée serait de ne faire qu'une dépense », explique John Pellier, directeur adjoint de l'Association des communes forestières des Bouches-du-Rhône.
Pour l'instant, la filière est encore embryonnaire dans les Bouches-du-Rhône : on compte 11 chaufferies au bois sur le département contre 40 dans les Hautes-Alpes, par exemple. Certaines municipalités sont pionnières : ainsi, la piscine du Puy-Sainte-Réparade est chauffée au bois, comme les locaux des sapeurs-pompiers de Lambesc. Plusieurs projets sont à l'étude, notamment pour chauffer des collèges. Mais le bois issu du débroussaillement ne suffira pas à alimenter ces installations. « Pour avoir une filière bois concurrentielle, il faut se baser sur des arbres entiers, détaille John Pellier. Le débroussaillement ne peut être qu'une plus-value. » Autre limite : la nécessité de structurer le circuit de valorisation du bois, en installant des plateformes de traitement du bois. « Nous essayons de mettre en place des pôles bois pour limiter les déplacements et éviter de polluer, explique Jean-Claude Aymard. Dans les régions où l'exploitation du bois est importante, ça fonctionne bien. Chez nous, ce n'est pas dans notre culture mais on s'y emploie. »

forêt

La forêt des Bouches-du-Rhône couvre 95 000 ha et s'agrandit tous les ans de 31 %, malgré l'exploitation que l'on en fait. La principale activité de ce domaine est le tourisme.