Et toi, parla patois ?

laurent berneron

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Lo provençau, de plus en plus présent. Selon des chiffres dévoilés hier par l'inspection académique, pas moins de 6 700 élèves du premier degré (maternelles et primaires) apprennent le provençal dans les Bouches-du-Rhône. « On est dans une dynamique de progression dans le département », reconnaît Giuseppe Innocenti, professeur d'italien et inspecteur en charge du programme d'enseignement de la langue régionale à l'école. Même si « toutes les écoles n'ont pas le même niveau pratique », les vingt-trois centres d'enseignement continu du département, où un professeur sur deux enseigne la langue, réunissent le plus important contingent d'élèves : 3 200 au total. A la rentrée prochaine, une école bilingue doit ouvrir à Maillane, terres de Frédéric Mistral. Toutes les disciplines y seront enseignées à moitié en français, à moitié en provençal. Même chose dans deux collèges marseillais (Wallon et Pasteur), ce qui portera à vingt le nombre d'établissements secondaires enseignant la langue dans les Bouches-du-Rhône. Au-delà de la tradition régionale, « on cherche à prouver que la pratique du provençal améliore la connaissance de la langue française », affirme Giuseppe Innocenti. De premières observations chez les élèves confirmeraient cette hypothèse.« Le provençal, à l'image de l'italien ou de l'espagnol, ne connaît pas de lettre muette », indique l'inspecteur. Un atout pour la maîtrise de l'orthographe. De plus, « le provençal est encore très souvent parlé dans les villages », permettant une pratique régulière de la langue. « C'est un levier d'intégration puissant pour une communauté hétéroclite d'élèves, qu'ils viennent d'autres régions ou qu'ils soient primo arrivants », estime Giuseppe Innocenti.