Des conséquences dramatiques déjà connues

Laurent berneron

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Un scénario déjà pratiquement écrit, mais sans effet. Dans la vallée de la Nartuby, où les communes de Draguignan et de Trans-en-Provence ont payé le plus lourd tribut aux inondations du Var, avec 16 morts au total dont 12 dans la capitale dracénoise, le risque d'inondations violentes avait été relevé. En juin 2005, un plan de prévention des risques prévisibles (PPR) avait été adopté. En préambule, le document souligne que le bassin-versant de la rivière Nartuby, qui s'étend sur la presque totalité des deux communes, Draguignan au nord, Trans plus en aval, présente « une forme particulière en entonnoir ». Les auteurs du PPR notent que, par son aspect géologique, le sol stocke assez facilement des pluies de 40 mm. « Au-delà, le réservoir est plein et l'augmentation du débit est violente ». Or, dans la nuit de lundi à mardi dernier, il est tombé 300 mm en 24 h. Le plan de prévention mettait déjà le doigt sur des secteurs durement touchés cette semaine. De part et d'autre « de la zone industrielle de Draguignan », il juge le secteur « à très fort risque ». « Les débordements s'étalent dans la maison d'arrêt en donnant des hauteurs importantes du fait des murs d'enceinte » constate le document, qui souligne également la présence d'une maison de retraite. Les deux ont en effet été durement touchées. Le PPR conclut que « 50 bâtiments commerciaux ou artisanaux, représentant un nombre nettement plus important d'entreprises, 150 habitations individuelles et 15 immeubles collectifs sont en zone inondable ». Tout comme la base des pompiers (SDIS), placée en zone rouge. Hier, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, a estimé, à l'occasion de la remise d'un rapport sénatorial sur la tempête Xynthia en Vendée, que « ces catastrophes nous renvoient à nos insuffisances ». Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a promis de son côté la publication « dans quelques jours d'un arrêté de catastrophe naturelle. Nicolas Sarkozy est attendu sur place la semaine prochaine. En 1827, six personnes étaient mortes, noyées par les eaux ruisselantes dans la vallée.