« Travailler dans un casino, c'était un rêve inaccessible »

©2006 20 minutes

— 

« Messieurs, la roulette anglaise numéro 1 est ouverte

Le minimum des mises est de 2 euros

» Derrière la table, Mehdi coupe les tas de vingt pièces et distribue les jetons à des clients fictifs avec une dextérité et une rapidité impressionnantes

Pourtant, avant de suivre la formation FCC Premier, cet Ajaccien d'une vingtaine d'années n'avait jamais approché une table de jeu

« J'étais attiré par l'univers des casinos mais je ne pensais pas que je pouvais y exercer mon métier

Pour moi, c'était un rêve inaccessible », jure le jeune homme, qui travaillait auparavant dans la restauration

« Maintenant, il compte et manipule les jetons comme un vrai croupier », assure son formateur Jean-Marie qui n'hésite pas à mettre ses élèves en situation en jouant tour à tour un client énervé ou un chef très pointilleux

« Je teste leur réaction car je préfère qu'ils craquent ici plutôt que dans un vrai casino

» Autour des élèves, des affichettes collées aux murs martèlent les principes de base : « le chef a raison », « parlez fort », « clear hands » (les croupiers doivent toujours montrer leurs mains vides avant de quitter une table ou de lancer une partie), etc

Des piqûres de rappel indispensables pour Jean-Marie qui chaque matin leur fait réviser les tables de multiplications dans des ordres différents

« Il faut qu'à la fin cela devienne naturel

Pour cela, il y a aussi des méthodes mnémotechniques

» Les élèves disposent d'un classeur de 500 pages avec tous les trucs et astuces pour être un bon croupier

Un travail ardu et répétitif qui ne rebute pas les trois stagiaires qui ont arrêté l'école assez tôt

« Au début, ça faisait un peu peur puis finalement on s'adapte facilement, sourit Mehdi

Avant, je travaillais enfermé dans une cuisine

Bientôt, je pourrai côtoyer l'univers du luxe et voyager dans différents pays

» L L