Une prune pour Ikea

Frédéric legrand

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Peine maximale, mais peu douloureuse quand même. Le groupe suédois d'ameublement Ikea a été condamné hier par le tribunal d'Aix à 30 000 € d'amende, dont 10 000 € avec sursis, pour avoir détruit sans autorisation des espèces protégées. L'entreprise dispose de dix jours pour décider ou non de faire appel.
En 2008, alors qu'elle construisait un entrepôt dans la zone industrielle et portuaire de Fos, l'entreprise avait détruit plusieurs espèces de fleurs, d'oiseaux, d'insectes et de lézards, alors que son autorisation préfectorale ne couvrait qu'une seule espèce d'orchidées. Lors de l'audience, fin mai, Ikea a assuré n'avoir découvert les autres espèces « qu'après le début des travaux ». « Revenir en arrière était impossible », avait estimé le patron d'Ikea Développement, Jean-Louis Baillot. Jugeant que la défense de l'environnement « n'est pas qu'un coup de tampon de la préfecture en plus ou en moins », le procureur avait réclamé la peine maximale de 30 000 € prévue par la loi. Réquisition suivie par le tribunal.

« Face au port ou à l'Etat,

on parle à un mur »
« A part nous conforter dans notre démarche, le jugement n'apporte pas grand-chose. La peine n'est pas dissuasive, regrette cependant Cyril Girard, militant de l'association Nacicca, qui avait saisi la justice. On a encore plusieurs dossiers similaires en cours à Fos. On est dans l'année de la biodiversité mais face au port ou à l'Etat, on parle à un mur. »
L'association appelle à des changements profonds dans l'arsenal juridique et dans l'attitude de l'administration « pour mettre en application les grandes annonces » faites par le gouvernement sur la protection de l'environnement.