Environnement Après des mois de consultation, le plan départemental des déchets est voté

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Antoine Rouzaud Conseiller général (PRG), délégué au plan départemental d'élimination des déchets

Le plan départemental des déchets a été voté lundi après des mois de concertation

Quels sont ses objectifs ? Le plan s'appuie sur la valorisation biologique des déchets, sur plusieurs axes : tri, recyclage, compostage et méthanisation

Ce qu'on a pris à la Terre, on le lui rend

Au-delà, le plan prône la réduction des déchets à la source, avec un objectif de - 5 à - 10 % d'ici à dix ans

Il faut lancer des initiatives comme celle de la communauté d'agglomération Garlaban-Huveaune-Sainte-Baume, qui travaille avec les grandes surfaces pour limiter la distribution de sacs plastiques

L'un des axes principaux est également la réduction de « la nocivité des déchets »

Prenons l'exemple du compostage

Composter, c'est facile, mais avoir un compost de qualité pour le réutiliser, c'est complexe

Des études montrent que 80 à 90 % de la toxicité des déchets est générée par certains métiers (carrossier, peintre)

C'est là qu'il faut concentrer l'effort

Un bon compost peut ensuite s'utiliser dans l'agriculture, pour les terrains incendiés, les friches industrielles

La grande nouveauté du plan, c'est la méthanisation

La récupération du méthane permet de limiter l'émission de gaz à effet de serre, mais aussi de récupérer de l'énergie, même si ce n'est pas en quantité énorme

Cela permet surtout d'obtenir à l'arrivée des déchets totalement inertes

Quatre usines de méthanisation seront construites dans le département : une dans le Pays d'Aix et une autre dans le Pays d'Aubagne, dont les localisations restent à définir, une troisième dans le nord-ouest du département et la dernière vers Fos, dans la zone Caban-Sud

Les opposants au plan assurent que le dispositif nécessitera l'extension des décharges

Faux

Les capacités actuelles sont suffisantes pour traiter tous les déchets du département

De plus, le but est de passer de 63 % des déchets mis en décharge à 27 %, via les techniques de valorisation prônés par le plan

En vertu du principe de précaution, le plan écarte la solution de l'incinération, choisie par la communauté urbaine de Marseille

Or, le préfet a déjà annoncé qu'il attaquerait le plan en justice justement pour cette raison

La commission consultative du plan a décidé d'écarter l'incinération dans la mesure où l'on peut traiter l'ensemble des déchets du département, y compris Marseille, sans incinérateur

Je ne suis pas juriste, on verra

Le plan est voté, et comme l'a souligné le président du conseil général, ce sera aux maires de l'appliquer

N'est-ce pas là sa principale faiblesse ? Clairement, mais dans ce cas, c'est celle de tout document ayant valeur de loi : on peut ne pas le respecter, mais on s'expose à des sanctions

Désormais, quel va être le rôle du conseil général ? Nous allons commencer à rencontrer les élus des communes pour les modalités d'application du plan

Sa mise en oeuvre a déjà commencé, mais certaines installations seront mises en place d'ici à trois ou quatre ans

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