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Scrutés comme jamaisMarseille « en mondiovision » réussira-t-elle à être propre et sûre ?

Pape François à Marseille : La ville « en mondiovision » réussira-t-elle à être propre et sûre ?

Scrutés comme jamaisLe diocèse attend jusqu’à 100.000 personnes sur le parcours de la « papamobile » à Marseille
57.000 personnes sont attendues samedi au stade Vélodrome pour la messe publique du pape François.
57.000 personnes sont attendues samedi au stade Vélodrome pour la messe publique du pape François. - Nicolas TUCAT / AFP / Nicolas TUCAT / AFP
Caroline Delabroy

Caroline Delabroy

L'essentiel

  • Marseille se met en ordre de marche pour la visite exceptionnelle du pape François.
  • Côté sécurité, 5.000 policiers vont être déployés, notamment aux abords du stade Vélodrome et sur le parcours de la « papamobile ».
  • « Les angles de vue seront pris de telle sorte qu’on ne montrera pas les encombrants et les poubelles qui traînent », dit un habitant du 8e arrondissement, qui s’attend par ailleurs à voir le quartier paralysé.

Le compte à rebours tourne avant l’arrivée du pape François en terre marseillaise vendredi après-midi. Si les rubalises se font encore discrètes ce mardi aux abords de Notre-Dame-de-la-Garde et du stade Vélodrome, les deux secteurs phares de la visite papale, avec le palais du Pharo, la logistique est bel et bien en place. « C’est la première fois de l’histoire où l’on va largement dépasser le million de personnes en même temps dans la ville », énonce le maire de Marseille, Benoît Payan, dans une interview à La Provence. « Marseille sera en mondiovision », se félicite-t-il.

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Le diocèse attend jusqu’à 100.000 personnes samedi sur le parcours de la « papamobile », avenue du Prado, en plus des 57.000 fidèles présents dans l’enceinte du stade pour la célébration de la messe en présence d’Emmanuel Macron. Le président n’a annoncé que la semaine dernière son intention d’y assister, une donnée en plus à prendre en compte pour des services de sécurité sur les dents. Pas moins de 5.000 policiers seront déployés durant la visite papale, ainsi que 1.000 agents de sécurité privés. « C’est un beau dispositif » euphémise la préfecture.

« Je n’ose pas imaginer le Prado après le passage de la papamobile »

Stationnement et circulation vont être interdits aux alentours des sites visités par le pape, dès ce mercredi pour certains secteurs comme Notre-Dame-de-la-Garde. La « Bonne Mère », fermée également dès mercredi, a par ailleurs d’ores et déjà lancé un grand nettoyage de printemps avec l’aide de bénévoles. A l’image de tous les autres sites de visite, un déminage systématique va être effectué une fois le périmètre de sécurité établi. Les habitants devront montrer patte blanche (soit un justificatif de domicile) pour y rentrer à pied.

« Le quartier autour du Vélodrome va être totalement paralysé », se désole d’avance Patrick Talbourdeau, président de la Fédération des CIQ (comités d’intérêt de quartier) du 8e arrondissement. « Je n’ose pas imaginer ce que sera le second Prado après le passage de la papamobile, ajoute-t-il. Quand on voit l’état des plages de Borély après le Delta Festival. Ce n’est pas une question de public. Lorsque les gens ne sont pas chez eux, ils ne font pas attention à l’environnement. »

Pour autant, cet habitant ne doute pas que Marseille va briller devant les caméras : « Elle va y arriver car les angles de vue sur l’événement seront pris de telle sorte qu’on ne montrera pas les encombrants et les poubelles qui traînent. A la limite, c’est une bonne chose que Marseille soit mise en lumière. Mais cela ne fait que cacher le quotidien des habitants à l’année. » Il fustige les éternelles bisbilles sur le dossier de la propreté entre ville et métropole, « des gens, les uns à gauche, les autres à droite, qui se détestent mutuellement ».

Le Mistral jouera-t-il les trouble-fêtes ?

Contactée par 20 Minutes, la métropole refuse de répondre aux propos de Benoît Payan, qui dans La Provence enjoignait la présidente Martine Vassal à « ne pas faire honte », à ce que « cette ville soit propre pendant tout le mois de septembre » où Marseille accueille non seulement la visite du pape mais aussi la Coupe du monde de rugby, et notamment France-Namibie ce jeudi. « Les agents sont au travail, on ne va pas rentrer là-dedans », déclare le service de communication, qui indique par ailleurs que la visite du pape n’est pas traitée comme un événement plus important qu’un match au Vélodrome ou la foire de Marseille, du point de vue de la propreté. Sur la fréquence des transports, le sujet était encore débattu avec la préfecture mardi.

« On ne va pas doubler les équipes parce que le pape arrive », abonde Yves Moraine, conseiller métropolitain et municipal (LR), qui avait mené les négociations avec les éboueurs lors de la dernière grande grève. « La gestion des après-événements, on sait faire, poursuit-il. Sur le Prado, on a l’habitude avec le marché trois fois par semaine. Dans les heures qui suivent, c’est propre. » « La ville va briller et c’est bien normal car cette ville est magnifique, poursuit-il. C’est une opportunité unique de voir Marseille en mondiovision. On peut tous s’en réjouir sans arrière-pensée. A chacun de faire son travail pour que cela se passe bien. »

Il ne nie pas toutefois les problèmes récurrents de propreté, qu’il impute notamment à la physionomie d’une ville « extrêmement étendue », avec « beaucoup de vent et peu de pluie ». « Là, je suis sur le Vieux-Port, c’est propre, dans les petites rues du 6e, c’est plus dur », concède-t-il. Le Prado, où doit passer la « papamobile », étant une grande artère, Marseille devrait se présenter sous ses plus beaux atours. Si le Mistral ne décide pas à jouer les invités surprise.

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