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AUDIENCEA Marseille, la grève de salariés du nettoyage est-elle légitime ?

Marseille : La grève des salariés du nettoyage est-elle légitime ?

AUDIENCEL'employeur, Laser Propreté, l'employeur des salariés de la propreté de la gare Saint-Charles qui dénoncent le non-paiement de salaires, a porté plainte et a contesté lundi la grève devant le tribunal judiciaire de Marseille
Vue des poubelles débordantes au sol au milieu des voyageurs à la gare Saint-Charles de Marseille pendant la grève des nettoyeurs, au mois d'août 2023.
Vue des poubelles débordantes au sol au milieu des voyageurs à la gare Saint-Charles de Marseille pendant la grève des nettoyeurs, au mois d'août 2023. - Frederic MUNSCH/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

«Quand on a un conflit social, il faut dire pourquoi. Nous avons payé l'intégralité des salaires, a affirmé ce lundi Denis Ferre, conseil de la société Laser Propreté. Cette audience a pour but de faire en sorte que les salariés qui souhaitent travailler puissent le faire et que le matériel soit libéré. » Laser Propreté a porté plainte et a contesté la grève entamée le 1er août ce lundi devant le tribunal judiciaire de Marseille.

L'entreprise de nettoyage accuse les grévistes de la gare Saint-Charles, où transitent 16 millions de voyageurs par an, d'empêcher certains autres salariés du nettoyage de reprendre le travail, rapport d'huissier de justice à l'appui.

« Ils réclament juste le paiement de leur dû »

L'argument a été réfuté par l'avocate des salariés, Me Marylou Diamantara. S'appuyant sur son propre rapport d'huissier, elle affirme « qu'après sept jours de grève, une personne a voulu reprendre son travail mais étant seule, elle n'avait pas les moyens de travailler dans cette gare qui ne se nettoie pas avec de simples balais mais avec un équipement lourd, qui plus est insuffisant ». « C'est une grève licite, connue et revendiquée, qui n'entrave qui que ce soit », a-t-elle ajouté, pointant à l'inverse « les souffrances vécues » par certains qui, par manque de moyens fournis, « sont obligés d'acheter eux-mêmes des sacs poubelles »: « Ils réclament juste le paiement de leur dû ».

A la fin de l'audience, une cinquantaine de personnes - grévistes, militants LFI et syndicalistes de Solidaires - ont accueilli l'avocate avec des « hourras » devant le tribunal. « Peu importe la décision, nous on continuera (notre grève). On est déterminés plus que jamais à faire valoir nos droits », s'est exclamé au mégaphone Kamel Djeffel, secrétaire national du syndicat CAT Nettoyage.

« Nous sommes toujours ouverts à la discussion »

Depuis le 1er août, plusieurs salariés de Laser Propreté, d'abord ceux chargés du nettoyage de la gare Saint-Charles, puis leurs collègues du métro de Marseille, sont en grève. Beaucoup affirment ne pas avoir perçu l'entièreté de leurs salaires de ces derniers mois, notamment des heures supplémentaires pour travail du dimanche et jours fériés ou encore diverses primes.

La grève perdure après l'échec de différentes réunions de négociations et les déchets ont recommencé à s'amonceler. « Nous sommes toujours ouverts à la discussion », a indiqué Kamel Djeffel. Après plus d'une heure d'audience, la décision a été mise en délibéré à vendredi.

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