Vigilance verte sur la friche

Frédéric Legrand

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Le site couvre 80 hectares à l'Estaque.
Le site couvre 80 hectares à l'Estaque. — Serge pagano / reportages / 20 minutes

Terrain 80 ha face à la mer surplombant port cherche destin, s'adresser aux industriels et à la mairie de Marseille. La députée européenne (Europe Ecologie) Michèle Rivasi a annoncé la semaine dernière vouloir saisir le gouvernement et les collectivités locales pour obtenir des garanties sur le devenir des anciennes usines Atochem (Total) et Metaleurop de l'Estaque (16e). Outre des analyses approfondies des pollutions des sous-sols, l'élue exige que la mairie et la communauté urbaine « maintiennent la friche en zone inconstructible ». Elle réclame aussi des études épidémiologiques à l'observatoire régional de la santé, ainsi qu'à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'environnement.

Zone verte
A l'arrêt depuis les années 1990, le site fait l'objet depuis 2008 de travaux de dépollution. Sur la partie appartenant à Total, ceux-ci sont presque terminés : « Nous avons excavé et confiné 70 % du volume à traiter, détaille Francis Rommelaere, directeur délégué de Retia, filiale de Total. A partir de septembre, nous voudrions commencer à traiter la pollution sous la route du Riou. » Du côté de Recylex (ex-Metaleurop), les travaux sont interrompus : « Nous avons déposé en janvier 2009 un projet de dépollution. Nous attendons la réponse de l'Etat », explique l'entreprise. Surtout, les écologistes s'inquiètent de voir la friche devenir constructible après les travaux de dépollution, dont ils remettent en cause l'efficacité. Une revente du terrain pourrait en effet permettre à ses propriétaires d'atténuer le prix du chantier, évalué à plusieurs dizaines de millions d'euros. Retia assure « qu'il n'est pas question » de construire d'habitations sur son terrain. « Il y aura une partie haute, inaccessible, où seront stockés les gravats, une autre aménagée en zone verte, et la dernière, près de la mer, qui accueillera des équipements publics », assure Francis Rommelaere. De leur côté, Recylex et la mairie de Marseille jugent qu'il est « trop tôt » pour se prononcer sur l'avenir du site.

Stockage

Les deux groupes assurent que les gravats sont stockés dans des alvéoles étanches, mais Europe Ecologie réclame une étude complémentaire sur l'impact de la pollution et des chantiers en cours sur les habitants, les sols et les fonds marins.