la danse troque le port contre le ring

Sébastien boistel

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Apolline Quintrand, directrice du Festival de Marseille.
Apolline Quintrand, directrice du Festival de Marseille. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Pour présenter hier l'édition 2010 du Festival de Marseille, la directrice, Apolline Quintrand, a cité Deleuze : « Si créer, c'est résister, en quinze ans, on a beaucoup créé. Et si on a beaucoup créé, c'est peut-être parce qu'on a beaucoup résisté. »

Temple de la boxe
Ce qui n'exclut pas une certaine prudence : l'an dernier, le festival avait failli être annulé, la CGT du port autonome ayant refusé qu'il se tienne au Hangar 15. Du 17 juin au 6 juillet, ce rendez-vous de la danse se tiendra donc à distance du port pour investir notamment un haut lieu du sport : la salle Vallier. Temple marseillais de la boxe, cette curiosité architecturale, rappelle-t-on, a accueilli à ses débuts concerts mythiques et ballets prestigieux. Un retour aux sources, donc, et l'art de mêler sport et culture dans une ville où il est, dixit Apolline Quintrand, « réconfortant, au lendemain de la victoire de l'OM, qu'il y ait une place pour un tel festival ».
Au programme : un opéra slam, un hommage au chorégraphe Merce Cunningham, un focus sur la danse canadienne et le Japon… Avec, en filigrane et à la veille de Marseille 2013, une réflexion sur le temps et la cité. En témoigne, entre autres, le documentaire Zone portuaire, histoire de renouer avec ce port où « le climat est encore trop tendu pour qu'on y retourne, déplore la directrice. Mais on ne renonce pas… » En revanche, celle-ci ne craint pas de voir son festival perturbé par les professionnels de la culture qui, hier encore, se sont mobilisés contre la réforme des collectivités territoriales et la révision générale des politiques publiques. Elle aura toutefois laissé ces derniers présenter leurs revendications au tout début de sa présentation, « afin que celle-ci ne se transforme pas, comme l'an dernier, en happening syndical et politique ».