Les belles du Frioul toujours en sommeil

Clément Chassot

— 

Les quatre îles du Frioul ont été rachetées à l'armée par la mairie de Marseille en 1971. L'archipel forme un quartier de la ville, rattaché à la mairie des 1er et 7e arrondissements.
Les quatre îles du Frioul ont été rachetées à l'armée par la mairie de Marseille en 1971. L'archipel forme un quartier de la ville, rattaché à la mairie des 1er et 7e arrondissements. — P. MARSAUT / REPORTAGES / 20 MINUTESP. MARSAUT / REPORTAGES / 20 MINUTESP. MARSAUT / REPORTAGES / 20 MINUTES

Sur le quai d'embarquement sommaire, le personnel de bord tonne « les résidents d'abord, s'il vous plaît ! », pour canaliser la foule que la navette s'apprête à ramener au Vieux-Port. Une cohue due au retard de la livraison d'une véritable gare maritime par la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), annoncée depuis une dizaine d'années, et qui devait être réalisée au printemps 2010. Mais après deux appels d'offres infructueux, une troisième version, moins ambitieuse, a repoussé les délais d'un an.

« Cœur de parc »
Le retard du projet de gare maritime dans ce quartier de Marseille, rattaché aux 1er et 7e arrondissements, témoigne d'un archipel qui peine à se trouver. Pour Eric Scotto, conseiller d'arrondissement (PS) au Frioul, ce caillou est « un territoire balkanisé, délaissé par les autorités depuis son rachat à l'armée dans les années 1970 ». A première vue, le futur parc national des calanques, prévu pour 2011, renforcera la protection d'un territoire déjà préservé par le label Natura 2000. Pas aussi simple, selon Lionel Royer-Perreaut, conseiller (UMP) communautaire MPM en charge de la concertation sur le parc : « Outre la protection de l'environnement, le projet appelle à un tourisme pédagogique. » Le Frioul sera divisé en deux. « L'aire d'adhésion », le noyau villageois et ses alentours (qui restent à préciser), ne ferme pas la porte à un développement économique. Le « cœur de parc », plus restrictif, s'étendra sur le reste de l'île mais n'empêchera pas de construire sur des fondations existantes.
Mécontents du service public (aucun bureau de poste notamment), les Frioulais ne savent pas sur quel pied danser. Après trois années difficiles pour l'élevage, Emmanuel Briquet, responsable de la ferme aquacole biologique installée au Frioul depuis vingt et un ans, attend toujours « d'être informé et consulté » pour lancer sa plate-forme pédagogique destinée aux enfants. Les projets d'hôtel sur les ruines du Pavillon Hoche ou de rénovation du centre d'animation Léo-Lagrange ne sont pas encore sortis de terre. Pour Eric Scotto, le statu quo s'explique : « Même si la ville voulait investir sur le Frioul, elle n'en a pas les moyens. » Entre difficultés logistiques et réglementation environnementale, les chantiers sur le Frioul s'avèrent coûteux.