Marseille : Les nouveaux dirigeants de l’IHU présentent la « première version » de leur plan au gouvernement

Feuille de route L’institut veut se remettre dans le droit chemin après les « graves dysfonctionnements » de l’ère Didier Raoult

20 Minutes avec AFP
L'IHU de Marseille se prépare à l'après-Raoult.
L'IHU de Marseille se prépare à l'après-Raoult. — carlos_sanchez

Les dirigeants de l’IHU de Marseille ont présenté vendredi au gouvernement « une première version » de leur plan pour remettre l’institut dans le droit chemin après les « graves dysfonctionnements » de l’ère Raoult, ont indiqué les ministres de la Santé et de la Recherche.

Après un rapport accablant (Igas/IGESR) sur les dérives médicales, scientifiques et managériales de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection (IHU-MI) lorsque Didier Raoult était à sa tête, François Braun (Santé) et Sylvie Retailleau (Recherche) avaient finalement annoncé le 5 septembre des poursuites judiciaires et la convocation des dirigeants actuels.

Feuille de route

Vendredi, Pierre-Edouard Fournier, successeur du Pr Raoult, ainsi que des dirigeants d’établissements fondateurs de l’IHU représentés par Aix-Marseille Université et les hôpitaux marseillais (AP-HM), ont exposé « une première version de la nouvelle feuille de route » de l’établissement, selon un communiqué des ministres, sans précision sur le contenu de cette version.

Les ministres « accorderont la plus vive attention à la mise en œuvre rapide et rigoureuse des recommandations et au respect des échéances proposées », ont-ils ajouté. « De cet engagement ferme dépend la poursuite de l’activité de l’institut, et celle du financement de l’IHU-MI par l’État », ont-ils de nouveau averti.

Ménage à l’IHU

Sylvie Retailleau et François Braun ont affiché « l’exigence » pour l’IHU de « renouer avec un management respectueux des personnes et de la réglementation, qui soit pleinement compatible avec l’agilité voulue initialement pour les IHU », selon leur communiqué.

Ils ont aussi appelé à « restaurer le niveau scientifique international de l’IHU-MI, afin de lui permettre d’être à nouveau reconnu pour la qualité de la science et l’extrême rigueur dans la recherche mais aussi dans le soin ».

Depuis la nouvelle phase ouverte le 5 septembre, le ménage semble avoir un peu commencé à l’IHU, longtemps sous la houlette du Pr Raoult. Entré en fonctions début septembre, le nouveau directeur Pierre-Édouard Fournier a annoncé la suspension de tous les essais cliniques impliquant la personne humaine, « dans l’attente de la régularisation de la situation ».

Et la présidente historique de l’institut, proche de Didier Raoult, Yolande Obadia, a quitté ses fonctions. Emmanuelle Prada-Bordenave, conseillère d’Etat et ancienne directrice de l’Agence de la biomédecine, a été choisie le 30 septembre pour la remplacer. Sa nomination a été saluée vendredi par les ministres.