Marseille : « Et là, ça passe ? » Les élus se paient un safari sur le tracé incertain du tram des quartiers nord

TRANSPORTS Une visite du chantier du futur tramway dans les quartiers nord de Marseille dans le cadre du plan Marseille en grand a été organisée ce jeudi dans la cité phocéenne

Mathilde Ceilles
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La première phase du tramway ira jusqu'à la station Capitaine Gèze
La première phase du tramway ira jusqu'à la station Capitaine Gèze — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Dans le cadre du plan Marseille en Grand, un projet de tramway qui dessert les quartiers nord est sur les rails
  • Les élus ont donné les premières informations sur ce projet, dont la phase 1 ira jusqu’à la station capitaine Gèze
  • Les autres phases font face à des difficultés techniques importantes.

C’est l’histoire d’un préfet, d’un conseiller régional proche d’Emmanuel Macron, d’une présidente de la métropole, d’une maire-adjointe et d’une adjointe au maire qui montent dans un bus pour sillonner les quartiers nord de Marseille, après qu’un certain président a donné beaucoup d’argent pour désenclaver ces cités. C’est l’histoire qu’a racontée ce jeudi matin Laurent Carrié, chargé par le président du suivi du plan Marseille en grand, Jean-Pierre Serrus, Martine Vassal, Samia Ghali, devant un parterre de journalistes sur un sujet hautement sensible : la desserte en transports en commun de ces quartiers qui en sont totalement dépourvus, érigée au rang de priorité par le président de la République. Pendant plusieurs heures, ces élus ont sillonné les quartiers nord de Marseille, sur le tracé du tramway qui ira à terme jusqu’au pôle intermodal de Saint-Antoine.



La semaine dernière, lors d’une réunion du groupement d’intérêt public qui supervise les projets impulsés en matière de transports voulus par Emmanuel Macron, Martine Vassal a en effet confirmé ce projet, qu’élus et préfets sont venus constater de leurs propres yeux, casques de chantier sur la tête. La phase du tramway, en travaux, visera à relier la station Arenc à la station Capitaine Gèze. Deux stations sont prévues. La première, baptisée Salengro Bachas, devrait être prête à la mi 2024. La seconde, Salengro Cougit, serait livrée en 2025, pour une mise en service au deuxième trimestre de l’année 2025. « Les démolitions des immeubles commenceront en début d’année ? », s’enquiert Laurent Carrié, peut-être échaudé par les mauvaises expériences du passé en matière de dessertes des quartiers nord, à l’image de la station de métro Capitaine Gèze livrée avec quatre ans de retard. « Le message est bien passé, rétorque avec une pointe d’agacement Martine Vassal. On va avoir une attention particulière et on va être très à cheval sur le respect des délais. »

Une pente problématique

Le reste du tracé du tramway reste toutefois particulièrement flou. Régulièrement, alors que le bus sillonne ce qui devrait être le tracé futur du tramway, les élus se retournent vers les techniciens de la métropole, quelque peu dubitatifs sur la faisabilité du projet. « Et là, ça passe ?, interroge ainsi Samia Ghali, alors que le bus s’engage dans une voie assez étroite. » « On élargira à droite et à gauche », répond un technicien de la métropole.

« Comment ça va se passer ?, demande Samia Ghali. Ça veut dire qu’il n’y aura plus de voiture ? Parce que je vous fais moyennement confiance… » Plus loin, l’élargissement nécessaire de deux ponts par la SNCF suscite là aussi des inquiétudes. « Cela peut prendre 18 mois », indique Catherine Pila, la présidente de la RTM. Surtout, le dénivelé qu’emprunterait un tel tramway, notamment près de la cité Castellane, semble plutôt périlleux, ce mode de transports ayant de grandes difficultés avec les pentes. « Il y a deux itinéraires qui sont aujourd’hui envisagés, explique Martine Vassal. Il y a des difficultés techniques sur certains passages. » De quoi prendre, encore du retard ? « Vous avez tout ça sur vos tableaux, il faut regarder, lance la présidente de la métropole. Mais le calendrier sera tenu. » Une question que posera très certainement, à son tour, la Première ministre Elisabeth Borne mardi, lors de son rendez-vous prévu à Matignon avec Martine Vassal.