hommage officiel aux déportés homosexuels

Stéphanie Harounyan

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Christian de Leusse, hier, lors de la cérémonie officielle à Marseille.
Christian de Leusse, hier, lors de la cérémonie officielle à Marseille. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

C'est une première victoire, acquise de longue haleine. Hier, pour la première fois à Marseille, le représentant de l'association Mémoire des sexualités a pu déposer officiellement une gerbe en mémoire des homosexuels déportés durant la Seconde Guerre mondiale. Jusqu'à présent, à l'occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, ce geste ne pouvait s'effectuer qu'à l'issue des cérémonies officielles, où une gerbe unique est déposée par les associations de déportés, d'internés et de résistants.

« Beaucoup de persévérance »
« C'est un pas considérable, note Christian de Leusse, président de Mémoire des sexualités, qui se bat depuis plus de quinze ans pour cette avancée. Il a fallu beaucoup de persévérance. La décision de la Halde a aussi accéléré les choses. » L'organisme de lutte contre les discrimination, qui avait été saisi en 2009 par l'association marseillaise, lui avait en effet donné raison. Si la préfecture n'a pas pu convaincre les associations de déportés d'organiser un dépôt de gerbe unique, les représentants des déportés homosexuels ont été intégrés à la cérémonie. Hier, dans la foule, plusieurs personnes arboraient le triangle rose, symbole imposé par les nazis aux déportés homosexuels, pour marquer ce moment. « Jusqu'au dernier moment, on n'était pas sûrs que ça se fasse, reconnaît l'un d'eux. On a su que certains porte-drapeaux ont refusé d'être présents pour marquer leur désaccord... »
D'autres, au contraire, ont tenu à rappeler leur soutien, comme Igor Vassilieff, président de l'Union départementale des associations d'anciens combattants et victimes de guerre. « Je souhaite qu'il n'y ait qu'une seule gerbe, a-t-il répété hier. On tombe dans le nazisme en faisant ainsi des différences. Pour moi, il y a des hommes, c'est tout. »