Le marchand de sommeil pouvait dormir sur ses deux oreilles

LOGEMENT Un hôtel meublé frappé d'un arrêté de fermeture a été exploité durant quinze ans...

A Marseille, Laurent Berneron

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La façade de l'Hôtel national à Belsunce, aujourd'hui fermé.
La façade de l'Hôtel national à Belsunce, aujourd'hui fermé. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Nouvelle découverte de taille pour Un centre-ville pour tous (CVPT). Selon l'association, un hôtel meublé de Belsunce (1er) aurait été exploité illégalement durant quinze ans par trois bailleurs successifs, alors qu'il appartenait à Marseille Aménagement, société d'économie mixte de la ville de Marseille, en charge de la rénovation du centre-ville.

 

Pas d'autorisation de réouverture


L'Hôtel national, situé au 44 de la rue éponyme, avait été frappé en 1995 par un arrêté de fermeture, après un avis de la commission communale de sécurité jugeant que «cet établissement ne [répondait] pas aux normes de sécurité en vigueur et [présentait] par conséquent un danger pour la sécurité des personnes».

Or, selon CVPT, aucun arrêt de réouverture n'a été octroyé à l'hôtel, jusqu'à un nouvel arrêté de fermeture pris en novembre dernier, et qui a conduit à la vente de l'hôtel à la ville de Marseille par Marseille Aménagement. «Plusieurs témoignages de résidents indiquent qu'aucuns travaux n'ont été entrepris depuis trente ans dans cet hôtel où il n'y a par ailleurs ni douches ni chauffage», indique Nouredine Abouakil, porte-parole de l'association.

La société d'économie mixte a été «le partenaire commercial d'un marchand de sommeil, déplore-t-il, puisqu'elle a continué à percevoir le loyer du bail commercial». Marseille Aménagement gérait jusqu'à la fin 2009 les «périmètres de restauration immobilière» (PRI) du centre-ville. La municipalité, qui a récupéré cette mission, planche sur le bilan des PRI et prévoit un plan de lutte contre les hôtels meublés insalubres ou dangereux. De son côté, la chambre régionale des comptes doit rendre un rapport sur les PRI et Marseille Aménagement. L'association CVPT pourrait être auditionnée par les magistrats.