Un lézard dans le placard d'Ikea

Stéphanie Harounyan

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Parmi les victimes, des espèces de lézards, d'orchidées, de papillons. Une amende de 30 000 € a été requise contre l'enseigne Ikea, qui comparaissait hier en correctionnelle à Aix pour destruction d'espèces protégées.
A l'origine de la plainte, plusieurs associations de défense de l'environnement qui dénonçaient les conséquences sur la nature de la construction d'une plateforme logistique que le géant du meuble a implantée sur un terrain du port autonome, dans la Crau. Pour ce projet, Ikea avait obtenu en 2007 un avis favorable du Conseil national de la protection de la nature (CNPN). Mais cet avis ne portait que sur les orchidées, dont le groupe s'engageait à compenser la destruction. Il a fallu attendre 2008 et une visite menée par l'association Nacicca pour mettre au jour les dégâts sur d'autres espèces protégées.

Un coup de tampon de la préfecture
« A partir du moment où on avait l'accord du CNPN, on pensait que c'était suffisant, s'est défendu hier le patron d'Ikea Développement, Jean-Louis Baillot. Les autres espèces, on nous les a signalées après le début des travaux. Revenir en arrière était impossible. » « C'était à Ikea de démontrer qu'il n'y avait pas d'espèces protégées sur le site », a rétorqué le procureur, ajoutant que la protection de la nature, « n'est pas qu'un coup de tampon de la préfecture en plus ou en moins ». Une fermeté saluée par les associations. « On est satisfaits, même si on ne peut pas revenir sur ce qui a été détruit, pointe Nathalie de Stefano, de l'Union régionale vie et nature (URVN). On espère au moins que ça ne se fera plus ailleurs. » Décision le 27 mai.