Les témoignages accablants des parties civiles au procès d'un policier pour viol et attouchements

MARSEILLE En gros, c'était: «Tu me suces, t'es libre, tu me suces pas, tu vas aux Baumettes»...

J. M. avec agence

— 

Une voiture de police en patrouille.
Une voiture de police en patrouille. — SIPA

«Si je ne voulais pas prendre beaucoup, il fallait que je sois gentille.» Au procès du policier marseillais accusé de viol et d'agressions sexuelles sur des jeunes femmes en garde à vue, la parole était ce mardi aux parties civiles. Des témoignages accablants au sujet de Philippe Brassart, qui nie pourtant les faits.

Selon elles, le policier appréciait particulièrement les fellations, en échange de son indulgence. «Il m'a dit que d'habitude, c'était au procureur de prendre les décisions mais que cette fois-ci, c'était lui qui le ferait», a raconté l'une d'entre elles. Elle raconte le deal: «Tu me suces, t'es libre, tu me suces pas, tu vas aux Baumettes

«Une bonne tête de suceuse»

Parmi les parties civiles, une autre jeune femme raconte que Philippe Brassart a sorti son sexe en réclamant une fellation, estimant qu'elle avait «une bonne tête de suceuse». Une pratique à laquelle la jeune femme affirme s'être clairement opposée.

«Je suis très sceptique sur l'authenticité de ce que vous dites», a répliqué l'avocat de la défense face à ces témoignages. Tout en sous-entendus, il a même évoqué la possibilité que certaines des parties civiles aient menti pour discréditer son client, et du même coup les procédures qui les visent.

«Plus immature que dangereux»

De son côté, l'accusé n'a pas su fournir d'explications. «Il m'a dit que c'était un piège», a expliqué sa compagne policière, sans pouvoir en dire davantage. Philippe Brassart, bien noté par ses supérieurs, a été décrit par le psychiatre comme un individu ne présentant pas «d'organisation pathologique», ni de «trouble psychiatrique».

«Il apparaît plus immature que dangereux», a estimé l'expert. Le policier avait décrit la veille l'«ambiance très conviviale» d'une des gardes à vue, au cours de laquelle il a exigé une faveur d'une des parties civiles. Il avait reconnu avoir oublié son rôle, mais nié le viol: «La fellation, je ne l'ai pas forcée, bien au contraire.»