Bras de fer autour des ordures ménagères

Frédéric Legrand

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Selon les grévistes, le nouveau marché leur ferait perdre deux bennes par jour.
Selon les grévistes, le nouveau marché leur ferait perdre deux bennes par jour. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Cette fois-ci, « peut-être que l'épreuve de force est nécessaire ». Le président (PS) de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), Eugène Caselli, a assuré hier qu'il « ne céderait pas à un nouveau chantage » après que les salariés de la société ISS ont tenté de bloquer la collecte des ordures sur l'ensemble de la ville.

« Les poubelles, une science exacte »
« On ne peut pas mettre le doigt dans cet engrenage, ou non allons avoir des pressions à chaque renouvellement de marché, estime Eugène Caselli. Nous ferons appel aux forces de l'ordre à chaque fois que cela sera nécessaire. » Une stratégie aux antipodes de celle mise en œuvre en novembre, lors du conflit avec la société Bronzo. « La situation était différente, estime Eugène Caselli. En cas de changement d'entreprise, la reprise des personnels n'était pas garantie. Et nous avons tous [MPM et préfecture] été pris par surprise par le blocage des centres de dépôt des ordures. » Dès samedi, des CRS sont donc intervenus pour dégager les centres occupés par les grévistes d'ISS. Ceux-ci ont repris les blocages dès dimanche soir. Employés dans le 2e arrondissement, les 135 salariés craignent de perdre leur emploi, alors que MPM a réduit de 20 % leur secteur dans le cadre d'un nouvel appel d'offres. « Les poubelles, c'est une science exacte, clame Bernard Pizzo, délégué FO à ISS. On passe de 14 000 tonnes à 10 000 tonnes par an dans le 2e arrondissement, ça représente deux camions en moins chaque jour. » Les grévistes disent craindre aussi les critères de sélection des candidats. « Le prix est devenu la priorité, à ce compte-là on aura des négriers qui vont vouloir rogner sur les salaires », assure Bernard Pizzo. Après une réunion infructueuse hier, MPM, syndicats et direction devaient se revoir aujourd'hui.