Ils veulent frapper fort à la Porte d'Aix

Stéphanie Harounyan

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Au Marché du soleil, les vendeurs à la sauvette ont remplacé les commerces.
Au Marché du soleil, les vendeurs à la sauvette ont remplacé les commerces. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

L'opération s'est déroulée hier en fin d'après-midi. Une équipe de la police nationale, associée à la police municipale et au service des emplacements, est intervenue pour une opération dans le secteur Jules Guesde-Bon Pasteur-Camille Pelletan. Stationnements interdits, contrôle des commerces, vente à la sauvette...

Une opération réussie, selon Caroline Pozmentier, adjointe au maire à la sécurité et à la prévention de la délinquance. « Nous allons faire ce type d'action régulièrement, la collaboration entre les services est efficace », note-t-elle.

Un premier pas a été fait, mais le chemin reste long, juge Omar Djellil, de l'association Présence citoyenne. « C'est un début, obtenu grâce à la mobilisation des associations, rappelle-t-il. Mais il faut du pérenne, du journalier. On veut que ce secteur ne soit plus une zone de non-droit. » L'adjointe au maire, elle, rappelle que des policiers municipaux patrouillent toute la journée dans la zone depuis plus d'un an : « Cela produit déjà des effets. Mais il faut aller plus loin. »

Plus loin, c'est aussi régler l'épineux dossier du Marché du soleil, toujours en suspens depuis l'incendie qui l'a ravagé en juin 2008. Aujourd'hui, plusieurs boutiques ont pu reprendre une activité dans la galerie marchande, mais selon les commerçants et la mairie de Marseille, le propriétaire n'a toujours pas fourni les plans des lieux aux services de sécurité de la ville, qui permettraient une ouverture du lieu en toute légalité. « Les commerçants ont investi 100 000 euros pour réhabiliter le marché, ils ont fait leur part, assure Omar Djellil. Sur ce dossier, il y a défaillance des institutions, qui devraient se substituer au propriétaire qui ne fait rien. Ce n'est pas aux citoyens de payer les conséquences de ces défaillances. »

Même discours chez Jean Gaggioli, président de Trait d'union, qui fédère plusieurs commerçants et associations du quartier : « Quand l'endroit a fermé, il y a eu encore plus de vendeurs à la sauvette. C'est la crise : s'il n'y a plus de marché, les gens vont acheter dans la rue. Qu'on commence par mettre en place une présence policière pérenne pour nous débarrasser des vendeurs à la sauvette ! Le Marché du soleil, lui, fait vivre des familles entières. »

Pour l'heure, les commerçants en appellent au préfet et à la mairie pour faire pression sur le propriétaire des lieux. Ils ont également annoncé une procédure en référé pour que la situation soit régularisée. W