Deux réformes à mener avec moins de moyens

Laurent Berneron

— 

Les préparatifs ont déjà commencé pour la rentrée prochaine. Et pour cause : en septembre, les réformes du lycée et des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) se télescoperont. « Ce sera une rentrée difficile, mais je n'en connais pas de facile », philosophait vendredi Jean-Paul Gaudemar, recteur de l'académie d'Aix-Marseille, lors d'un point presse sur la rentrée.

Pour l'année scolaire 2010-2011, l'équation est la suivante : même nombre d'élèves, moins de profs et deux réformes à réussir. Ainsi, alors que les académies du sud de l'Hexagone « gagnent » des élèves, Aix-Marseille se distingue par la stabilité de ses effectifs. Conséquence, il faut « donner » des profs aux académies en croissance. De plus, la réforme des IUFM, qui supprime le principe des professeurs en stage dans les écoles lors de leur première année de formation, provoque mécaniquement une baisse de l'encadrement disponible. Résultat, malgré la création de nouveaux postes, le différentiel est négatif. Il y aura, selon le rectorat, 225 postes en moins l'année prochaine, premier degré (écoles) et second (collèges et lycées) cumulés. « C'est une situation qui se dégrade », selon Alain Barlatier, responsable départemental de la Fédération syndicale unitaire (FSU). « Depuis 2003, 1 700 postes d'enseignants du second degré ont été supprimés dans l'académie, note-t-il. Soit 10 % de l'effectif total des profs, alors que le nombre d'élèves n'a diminué que de 6 %. » La réforme des lycées, que Jean-Paul Gaudemar a été chargé de piloter par le ministre de l'Education, Xavier Darcos, entrera en vigueur pour les classes de seconde dès septembre. Elle prévoit notamment deux heures « d'accompagnement personnalisé » par semaine. « Un vrai accompagnement pour chaque élève, et surtout pas un modèle type », se réjouit le recteur. Pour la FSU, la réforme sert uniquement à « justifier les suppressions de postes ». W