Le tri reste en suspens

Frédéric Legrand

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L'avocat de la communauté urbaine « n'a pas l'habitude de dramatiser »

, mais tout de même : si la justice invalide le marché du tri des déchets à Marseille Provence Métropole (MPM), « il n'y aura plus de tri pendant six à huit mois, le temps de relancer la procédure », assure Georges Mendes. Hier, le tribunal administratif examinait la demande d'annulation déposée par la société Queyras, candidate malheureuse au marché. L'enjeu : le tri des déchets, leur collecte et leur valorisation, sur les 18 communes de MPM. « Depuis octobre [fin du précédent marché], il n'y a plus de tri, on ne fait que collecter puis on stocke, explique Me Mendes. Et le niveau maximum de stockage va être atteint dans quelques jours. »

Le marché porte sur 135 000 tonnes de déchets recyclés par an, pour un montant évalué à 19,5 millions d'euros sur quatre ans. Il a été attribué à la société Sita, qui proposait 12 millions. « C'est une offre anormalement basse, inférieure au montant minimal de 13 millions fixé par MPM. Et la commission n'a pas pris en compte la période de six mois durant laquelle Sita va envoyer des déchets dans l'Aude et dans le Vaucluse », dénoncent les avocats de Queyras. Ils assurent qu'il y a un plan B en cas d'annulation : poursuivre le stockage ou utiliser une procédure de marché d'urgence. La communauté urbaine réplique en soulignant que, cinq ans auparavant, Sita et Queyras étaient associées dans le marché du tri. « On assiste à une guerre entre deux filiales de grands groupes [Veolia et Suez], sur le dos de MPM », tacle Me Mendes. Jugement lundi. W