Locataires et privés de toit exigent justice

Laurent Berneron

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Rue de l'Evéché, Nacéra Ben Mohamed était visée par un arrêté d'expulsion.
Rue de l'Evéché, Nacéra Ben Mohamed était visée par un arrêté d'expulsion. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUtes

La bataille pour le logement perdure dans le centre-ville. Dix-huit familles, soutenue par le collectif DAL-Vie et Terre application-Amis de la terre, occupent depuis jeudi soir des logements appartenant à l'opérateur immobilier ANF, rue Forbin, à l'angle de la rue de la République (2e). Ce week-end, un huissier a constaté l'occupation.

« Nous demandons simplement l'application du droit au logement opposable [loi Dalo] », explique Claude Lobreaux, porte-parole du collectif. Les familles occupantes ont pour la plupart effectué une démarche Dalo, pour certaines depuis plus d'un an, sans résultats. En novembre dernier, devant la lenteur des procédures, le comité national de suivi de la loi avait demandé que des logements soit réquisitionnés.

Non loin de là, rue de l'Evêché, de l'autre côté du Panier, Nacéra Ben Mohamed a, elle, remporté une bataille juridique contre son bailleur, Marseille République. En 2004, elle est visée par un arrêté d'expulsion, justifié par « une opération de rénovation imminente ». L'association Centre-ville pour tous (CVPT), qui la soutient, s'aperçoit que la demande d'expulsion n'a pas respecté les règles : permis de construire obsolète, lettre-type envoyée à tous les locataires alors qu'il faut justifier pour chacun de l'expulsion... Cinq ans plus tard, le 12 novembre, le tribunal d'instance déboute la société Atemi, successeur de Marseille République, de sa demande d'expulsion. « Les locataires peuvent se prévaloir de cette jurisprudence », affirme Nourredine Abouakil (CVPT). Sauf que la plupart des locataires expulsés de la rue de la République ont fini par accepter un relogement. W