Vers une issue amère pour les Legré-Mante

Stéphanie Harounyan

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Le 3 décembre, devant l'usine Legré-Mante de la Madrague de Montredon.
Le 3 décembre, devant l'usine Legré-Mante de la Madrague de Montredon. — S. PAGANO / REPORTAGES /20 MINUTes

La situation se complique pour les quarante-huit salariés de Legré-Mante. La cour d'appel a confirmé, en fin de semaine dernière, la liquidation judiciaire de l'usine de la Madrague de Montredon (8e). Dernière option pour les salariés : se pourvoir en cassation. « On est dans le flou, on ne sait pas ce qu'on va faire, indiquait hier Martial Eymard, délégué CGT du personnel. On n'est pas découragés, mais on ne veut pas faire d'action qui ne mènerait à rien. »

Selon le syndicaliste, la cour d'appel a repris les arguments de première instance pour confirmer la liquidation de l'usine, la seule en France à fabriquer de l'acide tartrique. « On nous dit que la société est en cessation de paiement. Mais le tribunal n'a pas tenu compte des documents qu'on a fournis pour prouver que la fermeture était organisée depuis deux ans », déplore Martial Eymard. Pour les salariés, la direction « a en tête depuis des années de revendre à des promoteurs » les dix-huit hectares du site, placés à deux pas de la mer dans les quartiers sud de la ville. Une attitude dont se défend la direction, qui évoque la concurrence chinoise pour justifier la fermeture.

Le pourvoi en cassation n'étant de toute façon pas suspensif, c'est au liquidateur désormais de fixer le calendrier. Pour l'heure, les salariés, dont la plupart ont été licenciés depuis le mois d'août, ont décidé de maintenir l'occupation du site, entamée cet été. « C'est au jour le jour que ça se décide », concède Martial Eymard. Amertume supplémentaire : certains salariés devraient être convoqués par la police en raison d'une plainte déposée par la famille Margnat, propriétaire de l'entreprise, pour des tags jugés diffamatoires inscrits sur les murs de l'usine. W