Quatre fans marseillais condamnés à de la prison ferme

JUSTICE Quatre Marseillais ont été condamnés hier à des peines de prison ferme pour des violences commises après l'annulation du match PSG-OM...

Stéphanie Harounyan

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Mes Perez (à g.) et Bellilchi-Bartoli ont assuré la défense de deux supporteurs marseillais.
Mes Perez (à g.) et Bellilchi-Bartoli ont assuré la défense de deux supporteurs marseillais. — P. AIM / REPORTAGES / 20 MINUTES

Même cause, effets amortis. Quatre Marseillais ont été condamnés hier à des peines de prison ferme pour des violences commises le 25 octobre, après l'annulation du match PSG-OM. Deux d'entre eux, qui comparaissaient pour des jets de projectiles (canettes, pierres) sur les forces de l'ordre, ont écopé de trois mois fermes, quatre pour un troisième supporter.

Pour le quatrième prévenu, en liberté conditionnelle au moment de son interpellation, la sanction est montée à 18 mois de prison avec maintien en détention ainsi qu'à des amendes pour les trois policiers qui s'étaient porté parties civiles. Une peine de trois mois avec sursis a par ailleurs été prononcée à l'encontre d'un cinquième prévenu, qui comparaissait pour avoir jeté un gobelet en plastique.

«J'ai honte de moi»

«Les faits, reconnus, sont graves, il fallait marquer le coup, concède Fabien Perez, avocat de l'un des prévenus. C'est une peine adaptée. Il faut rappeler que pour des faits identiques, il y a eu des mandats de dépôt à la barre.» Fin octobre, trois Marseillais condamnés à trois mois fermes pour des violences similaires avaient en effet été directement embarqués en prison. Les condamnés d'hier, à l'exception de celui déjà incarcéré qui nie les faits, devraient bénéficier d'un aménagement de peines, leurs casiers étant vierges.

A l'audience, les avocats ont d'ailleurs insisté sur le profil de ces jeunes - ils ont entre 18 et 26 ans - simplement là au mauvais moment. «Ceux qui étaient masqués et armés, les leaders, n'ont pas été interpellés», a souligné Me Perez. «J'ai honte de moi, dira l'un des prévenus à la barre. On était allés à la gare pour chanter, je me suis laissé trop emporter...» Un autre, qui reconnaît avoir lancé un gobelet après avoir vu un supporter parisien brûler un maillot de l'OM, assure n'avoir «pas pensé aux conséquences». «Je suis un grand fan, avoue-t-il. ça m'a énervé.»

«Il est beaucoup plus proche des supporters parisiens qu'il ne le pense, c'est de la stupidité partagée, lui renvoie la substitut du procureur. On prend prétexte du match pour se faire plaisir, montrer aux Parisiens qu'on est chez nous. Ce phénomène s'appelle du hooliganisme!» «Qu'allez-vous faire vendredi soir, si le résultat du match ne vous convient pas», demande la présidente à l'un d'eux. «Rentrer chez moi et dormir!»