Les poubelles vont connaître leur big bang

Frédéric Legrand

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La grève des salariés de Bronzo a fait évoluer la position de certains élus de MPM.
La grève des salariés de Bronzo a fait évoluer la position de certains élus de MPM. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

De-bout, les dam-nés de la te-e-e-er-re ! L'UMP qui clame son « attachement au service public », le PS qui veut pourfendre « les intérêts capitalistes » : l'hémicycle de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) a pris des airs de Front populaire, hier, à l'occasion du débat sur la gestion de la collecte des ordures. Cinq jours après l'arrêt de la grève à la société Bronzo, qui avait fait s'amasser plusieurs milliers de tonnes de déchets dans les rues, Eugène Caselli, président (PS) de MPM, a annoncé vouloir passer en régie publique la collecte des ordures dans tous les arrondissements de Marseille.

« Il faudra que le service public reprenne les salariés du privé et que son coût soit inférieur, pointe Eugène Caselli. Les premiers chiffres dont nous disposons laissent penser que c'est le cas. » Depuis 1983, la collecte des ordures à Marseille est assurée par un système mixte, avec 37 % de la ville attribués au privé. Selon le PS, le passage au tout public permet « que la propreté ne soit plus un moyen de pression sur l'institution ». La régie totale met cependant aussi la propreté entre les mains de Force ouvrière, ultra-majoritaire parmi les agents de MPM (lire ci-dessous). Dans les travées, l'UMP prend plaisir à critiquer une volte-face idéologique : « Durant les municipales, vous vouliez passer le 4e arrondissement au privé. Et vous vous apprêtiez à le faire dans le 1er arrondissement avant d'annuler l'appel d'offres [après la grève de Bronzo] », tacle Bruno Gilles. Patrick Mennucci (PS) admet « avoir évolué » sur la question. Pas Frédéric Dutoit (PCF) : « Les entreprises privées ne travaillent pas à perte, rappelle l'élu. Leur intérêt n'est pas l'intérêt général. » W