La régularité des TER se fait attendre

Stéphanie Harounyan

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Gérard Piel, vice-président du conseil régional délégué aux Transports.
Gérard Piel, vice-président du conseil régional délégué aux Transports. — P. AIM / REPORTAGES / 20 MINUTES

A situation inchangée, même tarif. Cette année encore, le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur envisage de sanctionner financièrement la SNCF en réaction au nombre de trains supprimés pendant l'année. En 2008, plus de 13 000 rames avaient été annulées sur le réseau régional. Une situation qui avait amené la région à doubler la pénalité par rapport à 2007, soit 10 millions d'euros déduits des sommes allouées annuellement à l'entreprise. « Cette année, la pénalité pourrait être du même ordre car on est au même niveau de suppressions de trains », expliquait hier Gérard Piel, vice-président du conseil régional délégué aux Transports, à l'occasion des 9es journées régionales d'information sur cette thématique dans les Bouches-du-Rhône.

En Paca, le contrat liant la SNCF à l'institution régionale prévoit la circulation de 720 TER par jour, drainant plus de 100 000 voyageurs quotidiennement. Côté plein du verre, la fréquentation ne faiblit pas sur le réseau, qui continue à se développer. Des travaux sont en cours sur la ligne Marseille-Aubagne, l'une des plus importantes du réseau, après ceux achevés l'an dernier entre Aix et Marseille : sur cette ligne, le nombre de trains en circulation a doublé. « Une réussite, note Gérard Piel, qui serait totale si le service était irréprochable. »

Problème, selon lui, « la SNCF n'a plus les moyens humains de répondre à ces besoins », du fait de la politique nationale de réduction du personnel. Manque d'agents de conduite, d'employés pour vendre des billets, de contrôleurs... « Aujourd'hui, entre Aix et Marseille, par exemple, on s'aperçoit lors des contrôles, 40 à 50 % des passagers n'ont pas payé, souligne l'élu communiste. Soit on décide de la gratuité des transports, ce qui est une idée, soit on met les moyens. »

Jean-Marc Coppola, élu (PCF) au conseil régional, estime lui aussi que les grèves pèsent moins dans ces annulations que les questions de moyens. « Comment expliquer que sur la ligne Marseille-Toulon, un TER prévu tous les jours à 16 h 27 soit supprimé trois jours sur cinq ? interroge-t-il. La SNCF doit regarder les véritables causes pour remédier au problème. » Les usagers sont eux aussi invités à s'emparer du dossier. La région, elle, devrait valider sa ligne de conduite le 18 décembre, lors de l'assemblée plénière. « On a doublé les pénalités, on ne paie plus les bus de substitution, on est aussi allés distribuer des tracts dans les gares... Nous avons mis en place tous les moyens coercitifs possibles, détaille Gérard Piel. Désormais, c'est au niveau national que cela se joue. » La direction régionale de la SNCF, qui a contesté en justice l'an dernier le doublement des pénalités, n'a pas souhaité réagir pour l'instant. W