La guerre des déchets gagne l'hémicycle

POLITIQUE Premier conseil communautaire de MPM après la fin de la grève mercredi dernier...

Frédéric Legrand

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La grève devrait alimenter les débats de MPM sur la gestion des ordures.
La grève devrait alimenter les débats de MPM sur la gestion des ordures. — G. BERNARDI / REPORTAGES / 20 MINUTES

Que faire face à une grève? Quelle place pour le service public? A peine terminée, la grève des employés de la société Bronzo devrait faire rebondir aujourd'hui le débat sur la gestion des déchets, à l'occasion du conseil de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM).

Alors qu'Eugène Caselli, président (PS) de MPM, a suspendu mercredi l'appel d'offres sur la collecte privée des ordures à Marseille, plusieurs voix se sont élevées à droite pour dénoncer «une récompense à ceux qui ont pris Marseille en otage». «Le président passe outre la décision de la commission des marchés, qui avait souligné que l'offre de Bronzo était plus chère de 4 millions d'euros sur six ans, avec cinquante-quatre agents en moins!», tonne Renaud Muselier, vice-président (UMP) de MPM.

Le passage en régie publique réclamé par le syndicat FO

Dans le cadre de la gouvernance partagée entre gauche et droite à la communauté urbaine, le conflit pourrait laisser des traces. D'autant qu'Eugène Caselli va aussi devoir répondre à ceux qui, à la suite de la grève, réclament le passage au «tout public» pour la collecte des ordures. Dès la reprise du travail chez Bronzo, le vice-président (PRG) de MPM en charge des déchets, Antoine Rouzaud, a appelé à une «régie publique» pour les arrondissements concédés au privé, «avec intégration des personnels dans le service public». Un voeu également formulé vendredi par le syndicat Force ouvrière, majoritaire à MPM. La régie ne serait cependant pas un antidote définitif à la grève. Sur les quatre derniers conflits ayant paralysé la collecte des ordures à Marseille, la moitié était le fait d'agents publics de la communauté urbaine.