Le CEA trop lent à déclencher le signal d'alarme ?

— 

Des kilos de poussière en trop découverts en juin, et une information aux autorités ad hoc seulement début octobre. Dès l'annonce de la découverte de 14 kg de poussière de plutonium en trop à Cadarache, l'Etat et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont tapé du poing sur la table. Le ministère de l'Ecologie juge le retard « scandaleux » et « inadmissible », promet de voir « s'il faut que des têtes tombent ». Le préfet de région dénonce « les ingénieurs qui vivent encore au XXe siècle et qui n'ont pas compris qu'on est entré dans l'ère de la transparence ». Pour le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), le décalage entre la découverte et l'information officielle était justifié. « Lorsque nous avons découvert les premiers surplus, nous n'avions démantelé que quelques boîtes sur les 450 de l'atelier de plutonium (ATPU), explique Guy Brunel, porte-parole du site de Cadarache. Il fallait continuer l'opération avant de pouvoir faire une estimation fiable pour l'ensemble de l'installation. » Trois mois après, au bout de 150 boîtes expertisées, le volume de poussière estimé est passé de 8 kg à 39 kg. « Si on avait fait l'estimation à partir de la première boîte, on serait arrivé à 4,5 tonnes », assure Guy Brunel. La commission du développement durable de l'Assemblée nationale envisage malgré tout la création d'une commission d'enquête parlementaire sur l'incident. Insuffisant pour le réseau Sortir du nucléaire : « A chaque incident le gouvernement réclame la transparence, mais c'est uniquement pour gagner du temps, et que l'actualité passe à autre chose », estime Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau. W