Mairie et vétérinaires veulent des maîtres mieux éduqués

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Vilain chien-chien, mais surtout vilain maî-maître. Hier, la mairie de Marseille invitait des représentants de l'Ordre national des vétérinaires autour du thème « chien citadin, chien citoyen ». L'occasion de débattre de la place de l'animal dans la cité, mais également des contraintes qu'il génère. A Marseille, la population canine est évaluée à près de 100 000 bêtes. S'il constitue souvent pour les citadins « leur seul lien avec la nature », note Dona Sauvage, de l'Ordre des vétérinaires, l'animal reste source de nuisances : aboiements, déjections, morsures...

Sur ce dernier point, la loi de juin 2008 oblige le propriétaire à déclarer toute morsure à la mairie. Vingt-trois cas ont ainsi été enregistrés à Marseille. Autre obligation pour les propriétaires de chiens de catégorie 1 et 2 : procéder à l'évaluation comportementale de leur bête auprès d'un vétérinaire. « Mais ce n'est pas la désignation d'un certain nombre de catégories qui va protéger le public, nuance Claude Beata, vétérinaire comportementaliste. Il y a très peu de chiens dangereux, mais quand il y en a, ils peuvent être de n'importe quelle race. »

Pour Danielle Servant, adjointe au maire déléguée à la Protection des animaux, la solution passe avant tout par la sensibilisation des maîtres. « Aucune politique ne s'avère efficace sans une évolution du comportement vers plus de civisme », assure-t-elle. En dernier lieu, reste la répression. Voire la dissuasion, avec la mise en place d'une brigade canine, comme c'est le cas à Toulon. « Ce n'est pas dit qu'il n'y en aura pas une dans les mois à venir », espère Danielle Servant, qui promet aussi une réunion entre les élus concernés et les vétérinaires au premier trimestre 2010 pour améliorer leur collaboration. W

S. H.