Pour Carpiagne, Le vent tourne

Omar Charif

— 

La responsabilité de l'incendie pourrait incomber à toute la chaîne de commandement.
La responsabilité de l'incendie pourrait incomber à toute la chaîne de commandement. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUtes

Il n'y a plus vraiment de mystère autour de l'origine du grand incendie

qui a ravagé 1 200 hectares cet été à Marseille, a-t-on appris hier. Selon une source proche de l'enquête souhaitant rester anonyme, c'est bien l'exercice de tir organisé au camp militaire de Carpiagne qui a provoqué le gigantesque incendie le 22 juillet en début d'après-midi. La semaine dernière, un pré-rapport des experts de la gendarmerie avait établi qu'aucune douille de balle traçante, dont l'usage est interdit durant l'été, n'avait été retrouvée sur le champ de tir.

Mais ces premiers éléments sont loin d'être l'épilogue de l'affaire, ainsi que l'avaient affirmé des sources judiciaires et Hervé Morin, le ministre de la Défense. Si ce n'est pas une balle traçante qui a mis le feu c'est une munition « classique » de fusil d'assaut Famas, employé par les mêmes légionnaires, qui a provoqué l'étincelle, ainsi que l'ont démontré les techniciens de la cellule Vulcain, regroupant pompiers, gendarmes et agents de l'Office national des forêts (ONF). Dans ce cas, les responsabilités changeraient de camp. Fin juillet, une enquête de commandement militaire avait conclu que « seule la responsabilité du directeur de tir » était engagée. Mis en cause dès le 25 juillet pour incendie involontaire, l'adjudant Philippe Fontaine, commandant l'exercice de tir au moment de l'incendie, ne serait pourtant plus pénalement responsable. Ce serait désormais à toute la chaîne de commandement de rendre des comptes aux juges d'instruction Laetitia Ugolini et Philippe Fontaine. Notamment sur la nécessité d'organiser des séances de tir à Carpiagne en pleine canicule. W