L'avenir de la réparation navale à Marseille toujours incertain

Laurent Berneron

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Les anciens salariés de l'UNM ont manifesté hier pour obtenir un entretien avec le préfet.
Les anciens salariés de l'UNM ont manifesté hier pour obtenir un entretien avec le préfet. — P. AIM / REPORTAGES / 20 MINUTES

Machine arrière toute ? Les ex-salariés de l'entreprise espagnole Union Naval Marseille (UNM) ont marché hier de la place de la Joliette vers la préfecture pour réclamer une nouvelle table ronde avec le préfet. Alors que l'Etat semblait accepter mi-septembre le principe d'une reprise par les salariés de cette société de réparation navale spécialisée dans les grands navires, ces derniers dénoncent la « remise en cause du projet ».

Depuis la mise en liquidation de leur entreprise en mars, les anciens salariés de l'UNM planchent sur un projet de poursuite de leur activité. Le port de Marseille, propriétaire des bassins exploités par l'UNM jusqu'à sa liquidation, a lancé en juillet un appel d'offres pour lui trouver un remplaçant. Les résultats sont attendus pour le 30 octobre. Mais en attendant qu'un hypothétique candidat soit retenu et débute l'exploitation, les ex-salariés ont opté, avec l'accord du préfet, pour la création d'une société commune avec d'anciens sous-traitants de l'UNM, pour redémarrer immédiatement l'activité. Les soixante salariés prévoient de participer au capital de la nouvelle société à hauteur de 2 000 euros chacun, et plusieurs collectivités, à l'exception de la ville de Marseille, se sont engagées à les soutenir financièrement. « Le 14 septembre, le préfet se disait très heureux de notre projet de reprise, rappelle Patrick Castello, secrétaire CGT chargé de la réparation navale. Le 21 septembre, la préfecture nous a expliqué qu'on ne pouvait pas entrer dans la société pour des problèmes techniques, depuis c'est le silence radio. » Hier, la préfecture réfutait l'argument, estimant que « aucune porte n'est fermée » et que l'affaire n'est simplement pas « conclue ». L'Etat attendrait notamment des précisions sur le financement de la société commune et sa durée, dans l'hypothèse de l'arrivée d'un nouveau repreneur.

Mais sept mois après la liquidation de l'entreprise et après 226 jours d'occupation du site, les salariés et les syndicalistes s'impatientent. « L'outil de travail est opérationnel, entretenu et surveillé », selon Patrick Castello, et l'automne est propice à la réparation des navires. « S'il n'y a pas de repreneur au 30 octobre, c'est le projet des salariés qui doit voir le jour, estime Jean-Marc Coppola, vice-président (PCF) de la Région, qui soutient l'initiative. Le préfet sera alors bien obligé de reconnaître que ce projet tient la route : il est préfet d'une région où beaucoup de sociétés sont en difficulté. Or, le gouvernement lui donne des objectifs en termes d'emploi. Il faudra bien qu'il les atteigne. » W