Les PME sous-traitantes manifestent aussi

— 

Pour la première fois, les chefs d'entreprise de plusieurs PME spécialisées dans la réparation navale défilaient hier au côté des salariés de l'UNM. « Nos entreprises sont en difficulté depuis la liquidation de l'UNM, il y a déjà eu plus de cinquante licenciements, explique Nicolas Martinico, patron de la Compagnie marine hydraulique. Si rien n'est fait, on s'achemine vers 250 licenciements d'ici la fin de l'année. Il faut redémarrer au plus vite. » Selon ce dernier, la sous-traitance liée à la réparation navale concerne 38 sociétés, représentant au total « 500 à 600 emplois, plus les emplois indirects ». Fin août, cinq sous-traitants ont créé une entreprise, la SAS Naval Marseille, destinée à associer les ex-salariés de l'UNM dans la poursuite immédiate de l'activité. Nordine Chabouni, gérant de l'entreprise d'échafaudages FCE, réalise 30 % de son activité grâce au port. « Même si un repreneur est choisi le 30 octobre, il démarrera son activité qu'au printemps 2010. Et en attendant, on joue au rami pendant que nos boîtes plongent ? », lâche-t-il. Autre souci, le prix demandé par le Grand Port Maritime (GPM) de Marseille pour louer les deux bassins où sont réparés les navires. « Il demande 1,4 million d'euros par an, c'est deux à trois fois plus cher qu'à Barcelone ou Gênes, estime Nordine Chabouni. Il faut arrêter de jouer à l'autruche : si le port veut remplacer la réparation navale lourde par de la réparation de yachts de luxe, il faut qu'il le dise. Cela fait sept mois qu'on tourne en rond. » Dans leur projet, ex-salariés et sous-traitants de l'UNM regrouperaient une trentaine d'entreprises et près de 500 d'employés. W

L. B.