« La république Marseille », une, indivisible et plurielle

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Sept films et autant de visages de la ville. La série documentaire réalisée par Denis Gheerbrant, La République Marseille, sort aujourd'hui sur les écrans français. Simple pastille de 14 minutes ou jusqu'à une heure et demie pour le dernier volet, ces instantanés révèlent, en six heures au total, l'univers de héros du cru. Rolf le docker, les femmes de la cité Saint-Louis, les jeunes boxeurs, les irréductibles habitants de la rue de la République... Denis Gheerbrant n'est pas Marseillais, mais il a patiemment imposé sa caméra dans le quotidien de ces personnages.

Le spectateur découvre leur colère du moment, comme celle provoquée par l'intolérable fermeture d'une digue, leurs histoires de jeunesse, telle la légendaire « traverse des Frotadous » des dames de Saint-Louis, mais aussi leurs histoires en devenir, comme pour la rue de la République, à laquelle tout un film est consacré. Le réalisateur y suit des piliers du quartier qui refusent de céder le pas à l'opération de rénovation de l'artère. « Les gens sont là depuis quarante ans, on ne les déracine pas comme ça, dit l'un d'eux. Il suffit qu'il y ait une racine qui ne meure pas, et ça repart ! » Ces répliques résonneront dès ce soir à l'Alhambra (16e) et à Paris, avant de conquérir le reste de la France. W

S. H.

L'intégrale des films sera diffusée samedi à l'Alhambra (2, rue du Cinéma, 16e),

en présence du réalisateur. 15 euros. Sur inscription au 04 91 46 02 83.