plainte pour « favoritisme » au profit de Veolia

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Quelle coïncidence ! En ce petit matin de 2006, alors que la police vient d'arrêter les patrons du GACM et de placer sous séquestre leurs navires, un bateau de Veolia arrive pile-poil dans le Vieux-Port pour assurer les liaisons avec le Frioul. Il était parti une semaine plus tôt de Bretagne, pour répondre à un marché temporaire sur cette ligne, lancée par la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), responsable des transports.

En effet, depuis 2000, plus aucune convention ne lie le GACM et MPM, une « situation irrégulière », estime la chambre régionale des comptes. La communauté urbaine hésite : confier les navettes à un privé ou à la Régie des transports de Marseille (RTM) ? Fin 2004, elle opte pour un appel au privé. Deux candidats répondent : le GACM et Veolia.

Mais à l'été 2005, le fisc ouvre son enquête sur le GACM. Sur demande de qui ? Au lendemain des arrestations, plusieurs hauts fonctionnaires de la ville et de MPM assurent que c'est à la suite d'une demande de la mairie. « Ces gens [du GACM] sont des gangsters ! », lance même l'un d'entre eux. Dénonçant un « délit de favoritisme » au profit de Veolia, les avocats des Crescioni ont demandé la saisie des documents juridiques et comptables de sa filiale Frioul If Express. Un juge d'instruction a été saisi, mais l'enquête s'annonce longue. Dans l'immédiat, appelé à témoigner au procès par la défense, le maire ne devrait pas être présent. Mais Gérard Chenoz, élu UMP chargé du centre-ville à l'époque, pourrait venir à la barre. W

F. L.