La chimie bouillonne au ralenti en Paca

Frédéric Legrand

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En Paca, l'industrie de la chimie et du pétrole emploie 19 000 personnes.
En Paca, l'industrie de la chimie et du pétrole emploie 19 000 personnes. — P. AIM / REPORTAGES

Jusqu'à présent, le pire a été évité. Mais l'industrie chimique en Paca n'est pas encore tirée d'affaire. Hier, le syndicat CFDT organisait une journée de rencontre et de débats avec les salariés et sous-traitants du site pétrochimique LyondellBasell, à Berre, qui craignent un plan social d'ici à la fin novembre.

« La chimie est un secteur où il y a depuis longtemps des inquiétudes, souligne Charles Pellotieri, secrétaire régional de la CFDT. Ça fait plusieurs années que les investissements en France baissent, à la fois dans les usines et dans la recherche et développement. Les grands groupes misent sur les pays étrangers, comme ceux du Maghreb, pour bénéficier entre autres de normes environnementales moins dures. La crise a amplifié ces difficultés. » En un an et demi, selon l'Union des industries chimiques (UIC), 400 emplois ont disparu dans la région sur un total de 19 000. « Quatre petites usines ont fermé dans les Bouches-du-Rhône, détaille Gérard Ferréol, délégué général de l'UIC Paca-Corse. Jusqu'à présent, la plupart des autres sites ont fonctionné au ralenti, en jouant sur les congés payés et les RTT, sans recourir au chômage partiel. » Mais les sous-traitants, les employés en CDD ou en intérim ont été en première ligne. « Les entreprises ont tellement élagué qu'il ne reste plus que les CDI », souligne Charles Pellotieri.

Or, la situation économique ne s'arrange pas. « La trésorerie des entreprises est presque exsangue, estime Gérard Ferréol. Si le redémarrage économique tarde, il n'est pas exclu qu'il y ait plus de casse. » D'après l'UIC, la baisse d'activité sur les dix-huit derniers mois varie de - 20 % à - 50% selon les secteurs. La chimie lourde, qui représente un tiers des emplois du secteur dans la région, et la chimie des cosmétiques, qui en regroupe un quart, sont les plus touchées par la récession. Pour tenter de limiter la casse, la CFDT réclame des actions de formation et de reconversion. « Il y a un véritable vivier d'emploi dans les énergies vertes, notamment le solaire », estime Charles Pellotieri. W