le trafic portuaire avec l'Algérie plonge

Laurent Berneron

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L'Algérie est l'une des principales destinations des marchandises venant de Marseille.
L'Algérie est l'une des principales destinations des marchandises venant de Marseille. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUtes

Ça tombe plutôt mal. Alors que l'activité du port de Marseille est freinée par la crise, le trafic avec l'un de ses principaux clients, l'Algérie, a plongé au mois d'août. En cause, l'adoption par Alger, au coeur de l'été, de nouvelles règles plus contraignantes sur ses importations, notamment une interdiction concernant le matériel de BTP d'occasion. Une activité qui occupe pourtant nombre de transitaires marseillais. Sa suspension vient de conduire l'un deux, la société Traco, au dépôt au bilan.

« Tout le monde sur le port travaille plus ou moins avec l'Algérie », souligne Hervé Balladur, président de l'Union maritime et fluviale (UMF), qui fédère les opérateurs privés du port. Conséquence, « le mois d'août a été catastrophique, avec des baisses de transit avec l'Algérie de l'ordre de 55 % pour les marchandises et 70 % pour le matériel roulant », affirme Hervé Balladur. Venue spécialement hier à Marseille, Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat (UMP) au Commerce extérieur, a soutenu la démarche des élus locaux de se rendre à Alger pour y rencontrer le président, Abdelaziz Bouteflika. Le président de la chambre de commerce, le maire de Marseille, les présidents de la région, du département et de la communauté urbaine devraient donc s'envoler vers la capitale algérienne d'ici à la mi-octobre, comme ils l'ont confirmé hier lors de la présentation de la Semaine économique de la Méditerranée (lire encadré). « On pourrait demander d'assouplir les règles d'importation pour certains produits, comme ceux de première nécessité, pour enfants ou l'alimentaire », suggère Hervé Balladur. Mais la France marche sur des oeufs avec son ancienne colonie et veut éviter toute ingérence. « C'est un pays avec qui nous avons des relations complexes, pleines de subtilités », estime Roland Blum, premier adjoint (UMP) de Marseille, qui plaide pour un « partenariat portuaire » avec l'Algérie. W